Mylène Zizzo, photographe. L’œil en bandoulière

Vos portraits  /   /  de Olivier Emran

Elle naît à la lumière à La Ciotat en 1981. Quand elle n’est pas dans son studio photo à Aubagne pour faire des portraits d’enfants pour des parents comblés, elle part photographier le monde comme il va (tremblement de terre à L’Aquila, le triangle de la mort en Italie, les naufragés de Lampeduzza, le khat en Éthiopie, le Mali, et, dans quelques semaines, le Burkina Faso) avec son appareil photo en bandoulière.

Elle navigue entre noir et blanc et couleurs, entre rires d’enfants d’ici et réalités bien plus délicates ailleurs dans le monde. Mi-ici, mi-là-bas, c’est Mylène, un œil qui rit, un autre qui pleure pour nous offrir une vision stéréoscopique du monde comme il va. Un équilibre fragile entre le beau et le difficile où la sensibilité joue le rôle de révélateur créatif. Entre un beau bébé joufflu et des Éthiopiens aux corps douloureusement touchés, vous trouverez l’œil de Mylène Zizzo. Rencontre…

 

Photodidacte…

J’ai commencé la photo en 2003. Avant cela, je ne faisais que dessiner. Des centaines de portraits. J’ai acheté un appareil photo, je ne connaissais absolument rien à la photographie. Avec mes premières images sur les enfants de Madagascar, j’ai fait une exposition à La Ciotat et les retours que j’ai eus m’ont confortée dans mon envie d’être photographe. Puis je pars à Londres. Là-bas, je découvre le numérique et je réussis à accéder à une formation privée au London College of Art en section photojournalisme. Mon sujet de fin de cours : les SDF à Londres. C’est à ce moment-là que je me rends compte que j’aime faire des portraits, mais que je veux également témoigner. Je reviens en France et je travaille dans le photojournalisme, dans les reportages de mariage. En contrepoint, dès que j’avais un petit peu d’argent, je partais avec mon appareil suivre des missions humanitaires en Asie, en Afrique.

 

Photo-reporter…

En matière de photo-reportage, c’est le sujet qui me décide à partir. Mes thématiques de prédilection sont le sanitaire et le social. Je me tiens informée par un certain nombre de liens ou d’alertes. Une fois que j’ai identifié mon sujet, je pars généralement de deux semaines à un mois. Les sujets que je choisis sont toujours des coups de cœur, des sujets qui me touchent que je veux voir de mes propres yeux, ressentir et partager avec les gens qui vivent le sujet. Mon empathie fait ma force. Je peux pleurer et faire des photos en même temps ! Cela fait partie de mon processus créatif. Comme photo-reporter, je suis plutôt sur la symbolique, la dénonciation. J’essaie toujours de tirer la force d’un sujet par le biais de l’émotion. Même quand il s’agit d’un travail de commande, il m’arrive souvent de pleurer lors d’un mariage que je couvre, ou bien devant un bébé de deux jours ou encore devant une femme enceinte. Mais là, les gens sourient. Dans les deux cas, mon fil conducteur est bien entendu l’humain, l’homme, qu’il soit dans un moment difficile ou joyeux.

 

Photosensible…

En 2007, je vais aux rencontres photographiques d’Arles, je montre mon travail et cela me permet d’accéder à une formation de six mois à Paris en photojournalisme. En 2009, je croise une photographe qui part à Bordeaux faire des animations avec les enfants avec des photos rétro, etc. C’est à ce moment-là que je découvre que l’on peut d’un côté « dénoncer » les choses avec la photographie, mais que l’on peut également donner du bonheur aux gens. Après cela, je me suis mise à travailler avec les enfants. Aujourd’hui, je fais beaucoup de commandes de particuliers qui souhaitent des photos de leurs enfants. Des femmes enceintes, des baptêmes, des bébés ou encore des familles. Ce qui est intéressant ici c’est que j’accède à toutes les strates sociales.


> Pour en savoir plus sur son travail de photo-reporter  

_www.mylenezizzo.com

> Pour mieux connaître ses autres activités (mariages, portraits de bébés, corporate…) _www.studio.mylenezizzo.com

 

Photo à la une : Portrait d’une petite fille lors de l’organisation des auscultations par l’association humanitaire « Au cœur des hommes ». Mali. Avril 2007

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