Yvann Pluskwa Architecte Doux révolutionnaire

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Architecte DPLG, Yvann Pluskwa maîtrise son succès qui dépasse largement les frontières de la Provence. Il est à la fois sociologue et philosophe dans ses démarches intellectuelles, son travail de construction est une réflexion perpétuelle pour apporter des réponses justes, circonstanciées, sensibles et maîtrisées. Son agence, composée de 6 architectes, offre des opportunités réelles à vivre pour un quotidien plus intriguant, plus émouvant, plus pratique, plus poétique aussi.

ToutMa : Quelle est ta définition du métier d’architecte ? Comment réponds-tu à cette définition ? Quelle est la philosophie de ton agence ?

Yvann Pluskwa : L’architecture a une double compétence, la conception et la belle et bonne réalisation de celle-ci. Ma compagne Céline Castagnet est architecte urbaniste, nous avons fait nos études ensemble à Paris, elle a fait en plus l’école du Paysage. Aussi dans chaque projet, elle apporte une réflexion en amont, à la fois sociale et urbaine.

Le travail de l’architecte est de mettre en perspective des objectifs liés à des conjonctures sociales, politiques, culturelles et de donner une réponse multiple. Notre philosophie est de porter un regard humain. C’est ce que nous faisons au Parc Public Ludicosportif du Baou (à Sormiou, aux portes du Parc National des Calanques). Nous avons remporté l’appel d’offre et répondons à une demande d’équipement sportif de la ville. La réflexion fut de trouver un espace commun urbain à intégrer dans la nature avec une disparité sociale certaine aux alentours. Mon substrat personnel est de privilégier le fait que l’individu trouve une place cohérente dans l’environnement. La philosophie de l’agence est thérapeutique, c’est de trouver une réponse dans chaque projet, afin de renouer le contact entre les personnes et la nature sous une forme émouvante et apaisée. Ma signature architecturale est une révolution douce…

Je souhaite un retour des valeurs poétiques et sensuelles et une intégration à la nature, laissées de côté avec l’hyper industrialisation de notre époque. Plus que la prévalence visuelle, je privilégie le plaisir de l’ergonomie. Mon architecture n’est pas photogénique mais quand on la vit et quand on y vit, on constate qu’elle se construit sur la qualité de la lumière, l’importance du déplacement, le rapport charnel aux matériaux… à la pensée de Michel Onfray « On touche avec les yeux » J’ajouterai  « On caresse l’espace architectural avec les yeux ».

 

TM : Quel est pour toi l’habitat idéal à Marseille ? Pourquoi es-tu si sensible au littoral ?

YP : Amoureuse de Marseille, de sa géographie, de son climat et de son caractère, l’agence s’est établie ici, sous le soleil, pour répondre et être présent dans le devenir de cette ville. Il n’y a pas d’habitat idéal pour moi, mais des ingrédients minimums : des espaces extérieurs, un rapport à la lumière et au soleil à la fois brutal et feutré, des espaces d’ombres, ambigus, et un maximum de liberté d’usage. Si je suis si sensible au littoral c’est sûrement en rapport avec des souvenirs d’enfance. J’aime la puissance des éléments de la mer, du vent et du soleil et de la pureté naturelle qui s’en dégage.

 

TM : Quel est le fonctionnement de l’agence dans le déroulement des projets ?

YP : La règle du jeu est le plaisir dans la conception de chacun des projets. La réalité, c’est 80% de souffrance, 15% de plaisir lié à la conception et le reste au développement. Je suis maître de tous mes projets, ils m’appartiennent mais les tâches se partagent et s’échangent. Mes collaborateurs participent à la construction du projet et parfois même à sa déformation. J’ai 20 ans d’expérience dans le métier. Nous l’étudions, puis nous proposons au client les plans avec vues 3D, illustrations et perspectives. Une fois les principes fondateurs acquis, le projet est développé pendant 4 à 5 mois et sa réalisation peut durer depuis 8 à 20 mois. Nous en avons 22 constants et 4 à 5 en même temps. Quand je vois la variété des projets que nous traitons, ce qui nous motive c’est de savoir déjouer des situations improbables afin qu’ils deviennent probables.

 

TM : Quelle est ta plus grande satisfaction ?

YP : Nous avons remporté un prix national d’architecture AMO en 2013 (parmi 72 candidats aux côtés de Rudy Ricciotti, Jean Nouvel…) pour la réalisation des bureaux d’American Vintage. Michael Azoulay nous a fait confiance, depuis nous réalisons leurs boutiques dans le monde…

 

_http://yvannpluskwa.com


 

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