Festival de Marseille, l’élan flamenco !

Théatre / Danse  /   /  de Emmanuelle Vigne

Pour marquer cette vingtième édition, Apolline Quintrand, l’instigatrice de ce festival des arts multiples a souhaité inviter certains artistes des précédentes éditions. Ceux qui ont marqué le Festival de leur empreinte, ceux que le public a plébiscité et qui restituent l’âme même du Festival, c’est à dire un Festival exigeant mais non élitiste, un Festival engagé, iconoclaste, ouvert aux cultures et aux publics.

« Arrimé à la « pensée voyageuse » chère à Maurice Blanchot précise Apolline Quintrand. Le Festival a avancé en se découvrant et en découvrant les autres sur un chemin parfois escarpé où en fin de compte le parcours et les « choses de la vie » ont plus compté que le but à atteindre. Curieux, arpenteur, scrutateur, spectateur-acteur du monde, et des mondes qui l’entourent, il a fait de sa liberté et de sa pensée un combat au quotidien. Pour les artistes et le public. Tous les publics. Si héritage il y a, il est ici. Dans cette trace, cette exigence ».

La présence de ces artistes déjà programmés telle que les danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon rappelle d’heureux souvenirs et de grands moments de spectacles. Ils sont la mémoire vivante du Festival pour la directrice qui,  à l’issue de cette édition empreinte de plénitude a décidé de passer le relai à Jan Goossens. « Quand tu aimes, il faut partir » dit-elle suivant le sage conseil de Blaise Cendrars. Une manière aussi pour les artistes de rendre hommage à son engagement.

Parmi les artistes découverts lors de précédentes éditions figure la foudroyante Rocio Molina, danseuse de flamenco, chorégraphe. Une âme bouleversante, espiègle et audacieuse qui revisite le flamenco avec l’énergie de sa jeunesse (31 ans cette année) et un talent démesuré. « La Molina » comme on la surnomme, ne raconte pas véritablement d’histoire à travers ses créations mais performe dans une danse flamenco passionnément vivante, oscillant entre tradition et modernité. Elle retranscrit avec fougue mais aussi fragilité toute une palette d’émotions avec une grande liberté «  C’est comme cela que j’aimerais que le monde soit dit-elle dans un entretien accordé à flamenco-culture.comParce que je n’aime pas les gens faux, ni les mensonges ni les imposteurs. Je déteste l’injustice et tout ce type de choses. Comme tout le monde je me sens impuissante, mais j’ai la grande chance de pouvoir monter sur scène, et là, il n’existe pas d’injustice. C’est ça ma liberté, ma vie : pouvoir exprimer ce que je veux. En réalité je deviens intouchable sur scène. Si le public aime ou non, c’est son choix ; il peut se lever et partir, moi je fais ce dont j’ai envie »

Cette fois, la danseuse originaire de Malagua ne se contente pas d’une salle de théâtre pour sa nouvelle création baptisée « Impulso » (l’élan en espagnol) : Rocio Molina explore des lieux insolites voire incertains dont elle dompte l’espace et les éléments du décor avec envoûtement et défi (pont, prison, église, fontaine et discothèque ont été les terrains de jeux de sa série d’impulsos). La cité phocéenne va être les 4 et 5 son nouveau théâtre d’expérimentation. Deux rendez-vous, deux lieux où l’énergie de la «  Molina » va pouvoir s’affirmer pleinement et va vous charmera c’est certain.

20e Festival de Marseille
Jusqu’au  17 juillet 04 91 99 02 50

Impulso (création 2014 Rocio Molina)
Percussions : Pablo Martin Jones

Samedi 4 juillet à  7h au Cercle des Nageurs
Dimanche 5 juillet à 19h Square Berthie Albrecht, devant l’Abbaye Saint Victor
La suite du programme sur le site festivaldemarseille.com

 

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