Rénald Garrido, un lion à Marseille

Vos portraits  /   /  de Olivier Emran

Dans son art, la boxe anglaise, on le surnomme « le lion ». Écoutez bien l’histoire de ce jeune homme, elle part de loin. Il naît en Champagne dans une famille de boxeurs (son père et son oncle), il veut impressionner son père en mettant les gants mais ça ne marche pas comme prévu. Il abandonne. Il se cherche. Longtemps. Sa jeunesse est un peu chaotique, galère. À 25 ans il réalise que vivre n’est pas subir. Il décide de tout changer. Il reprend les gants à Marseille, où il travaille aujourd’hui. Parcours de fusée : il démarre en catégorie super-légers amateurs et deux ans plus tard il gagne les championnats de Provence. Il devient sportif de haut niveau et stagiaire à l’INSEP. Il ne s’arrête pas là et décide de passer pro. Mai 2015 : il rentre tout juste de New York où il a mis une belle correction au numéro deux mondial de sa catégorie… Mais il est déclaré perdant. En boxe, ce n’est pas toujours la vérité des poings qui l’emporte. Mais il se relève déjà et se prépare au grand combat prévu en septembre/octobre : le championnat de France pro. Et, en attendant, en juillet, quelques combats à l’étranger (Texas et Australie). Entrons dans la cage du lion…

Premier round : le lion tout seul dans son coin

J’ai souvent été « seul » dans ma vie. J’ai eu un parcours de vie plutôt compliqué. J’ai commencé réellement à m’intéresser à la boxe à 17 ans. J’ai fait une dizaine de combats amateurs sans avoir de résultats conséquents. Ensuite, j’ai décroché de la boxe en essayant de trouver ma voie mais c’était assez compliqué, je me suis un peu égaré. À 25 ans, j’ai commencé à en avoir sérieusement marre de cette vie et j’ai voulu en changer. J’ai alors repris la boxe en même temps que je commençais à travailler comme médiateur avec les jeunes dans les quartiers. J’ai essayé de retrouver ce que j’avais un peu perdu dans ma jeunesse.

Deuxième round : le lion vous salue bien

Quand j’ai repris la boxe, peu de personnes croyaient en moi. C’est vrai que techniquement, je partais de pas grand-chose. J’avais uniquement mon envie de réussir et mon mental. J’ai commencé à m’entraîner comme un dingue pour rattraper ce temps perdu. J’arrivais à la salle le premier et j’en partais le dernier. En 2009, je fais une première saison en catégorie super-légers amateurs. L’année suivante, j’ai explosé en gagnant les championnats de Provence. Des combats gagnés avant la limite ainsi qu’un combat d’anthologie qui m’a valu le surnom de « lion ». Mais j’ai trouvé que je me cantonnais un peu trop vite dans mon rôle de numéro deux « amateur ». C’est ainsi que j’ai fait le choix de passer professionnel. Je me sentais de travailler au-delà de trois rounds. Je me voyais évoluer sur du long. J’avais le mental pour ça. Résultat : en 2014, j’ai remporté la coupe de la ligue qui est la plus importante compétition. Je suis donc à ce jour le challenger officiel du champion de France dans ma catégorie, les 63,5 kg.

Troisième round : le lion rugit dans la savane, agit à La Savine

Relever des défis, se relever, ne jamais avoir peur des difficultés. Ce sont les valeurs que j’essaie de transmettre aux jeunes en tant que médiateur social à la réussite scolaire dans les quartiers nord de Marseille, à La Savine. J’essaie de leur faire comprendre l’importance des études, moi qui me suis formé sur le tard et qui maintenant sais combien c’est important de travailler et d’avoir de l’ambition.

 

Pour en savoir plus sur Rénald Garrido et suivre son actualité : sa page Facebook et son site _www.garrido.renald.free.fr.
Et si vous êtes chef d’entreprise, vous pouvez soutenir ce lion champion qui se débrouille tout seul.

 

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