Marc Crousillat MCO & Dominique Lena id2mark

Entrepreneurs  /   /  de Céline Bouchard

Lorsque deux figures emblématiques de l’évènementiel à Marseille s’associent, cela donne Acontraluz, un festival de musique electro dont la première édition a été tellement fulgurante qu’ils en sont restés pantelants. Cette année, ils récidivent avec la ferme intention de maîtriser l’animal fou.

TM : Lequel de vous deux a eu l’idée de ce festival electro ? Quel en était le concept initial ?

MC : C’est une idée commune, issue de nombreuses discussions et un jour, nous avons décidé de foncer, probablement l’envie de faire quelque chose à Marseille, ensemble. Personnellement, je ne pense pas que je me serais lancé seul dans cette aventure, travailler avec Dominique est un véritable moteur.

DL : Oui, c’est vrai que nous en avons parlé longtemps et puis nous nous sommes lancés l’année dernière pour le meilleur et pour le pire ! Notre association est très complémentaire et sans l’expérience de Marc à mes côtés je ne me serais pas lancé seul non plus. Le concept initial était de pouvoir installer un festival de musique electro accessible à un large public au cœur de la ville avec des moyens conséquents et une programmation de qualité dès la première année.

TM : Après cette première édition étonnante, comment voyez-vous le festival évoluer ? Coachella, Calvi on the Rocks ou Sonar de Barcelone ?

MC : Les trois événements que vous citez sont des références énormes et il serait prétentieux aujourd’hui de vouloir se comparer à l’un d’entre eux. Il est toujours délicat de tenter de copier car c’est le risque de perdre son identité. Ce qui est surtout à retenir de ces festivals, c’est leur capacité à maintenir le cap sur le long terme, c’est certainement le fruit de beaucoup de travail, d’une grande précision et de beaucoup de passion.

DL : Nous devons suivre cette voie avec notre identité, nos spécificités. Créer notre propre histoire. Le site du J4 est exceptionnel, c’est un atout incroyable et une véritable chance qui nous est offerte par la Ville de Marseille de pouvoir organiser Acontraluz en plein cœur de la cité. Ce que l’on voit à 360° est magnifique.

TM : Vous n’êtes plus des gamins… Alors qui donc s’occupe de la programmation musicale pointue ? Selon quels critères est-elle établie ?

MC : La programmation est une affaire de professionnel, nous avons confié cette mission à édouard Rostand (Calvi on the Rocks, Big Festival Biarritz, More Festival Venise…). Il a toute notre confiance. Nous faisons des points très réguliers avec édouard, et même si nous avons la validation finale, nous suivons ses conseils. Mais je dois avouer que c’est très compliqué.

TM : Comment un festival de ce type devient-il rentable ? Quelle est sa formule économique ?

MC : Acontraluz ne reçoit aucun financement public, le financement est donc assuré par les recettes propres du festival (billeterie, partenaires, etc.). Pour chacun des postes recettes, c’est un combat quotidien, beaucoup de d’énergie. C’est encore plus évident pour les dépenses, l’équation est très compliquée entre le besoin et l’envie de faire beau notamment dans la partie artistique, tout en gardant les pieds sur terre. Il y a bien sûr une grande part de risque, notre travail est de la minimiser. En quelque sorte, il faut être à la fois cigale et fourmi… Sur ce point, c’est encore mieux de pouvoir partager !

TM : À quelles fins historiques destinez-vous Acontraluz ?

MC : Pour le moment, l’objectif est avant tout de réussir cette deuxième édition ! Ensuite, comme la première fois, offrir un show de très grande qualité, se remettre en question après chaque édition, surprendre le public année après année et que l’événement reste économiquement viable.

DL : Nous n’avons fixé aucune limite, Marseille change et le regard sur elle évolue, c’est très motivant parce que nous avons l’impression de modestement participer à cette mutation.

 

Festival Acontraluz du 3 au 5 septembre sur l’esplanade du J4 _www.acontraluzfestival.com
MCO _www.mcocongres.com
ID2MARK _www.id2mark.com

 

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