Laure Pierrisnard, passion Provence

Entrepreneurs  /   /  de Emmanuelle Vigne

Interview parue dans le magazine ToutMa d’octobre 2015.

L’œil rieur, un visage juvénile au teint frais et l’accent chantant du sud, cette jeune femme de 42 ans née à Manosque a toujours été attachée à son territoire de Provence et bien que ses études à l’EDHEC et son premier poste chez Avon l’aient conduite à Paris, elle savait qu’elle reviendrait en Provence. En 2001 elle intègre L’Occitane en tant que chef de produits et occupe successivement les fonctions de Directrice Marketing International Soin puis Directrice Innovation Filières Durables, contribuant pleinement à la croissance de la marque dont le chiffre d’affaires passe de 80 millions en 2001 à 1 milliard en 2014 ! Cette même année, elle reçoit le grade de Chevalier de l’Ordre National du Mérite Agricole, récompensant ses engagements et ceux de son équipe envers le monde agricole, puis est nommée Directrice Générale de la Confiserie du Roy René par Olivier Baussan qui voit en elle l’héritière manifeste de son action pour la préservation des savoir-faire et le développement de partenariats durables avec les producteurs locaux.

ToutMa : Qu’est-ce qui vous a incité à accepter ce nouveau challenge proposé par Oliver Baussan ?

Laure Pierrisnard : La volonté de participer de façon très personnelle au développement d’une petite entreprise (70 employés), à côté du grand groupe qu’est devenu L’Occitane (plus de 8 000 employés dont 900 sur le site de Manosque). La structure permet une rapidité dans la mise en œuvre de décisions, nous avons pu par exemple relancer toute la gamme des produits en six mois ; beaucoup de choses à entreprendre également. Et toujours pour moi cette envie de valoriser un produit, une tradition provençale et transmettre le patrimoine d’un territoire qui m’est cher.

TM : Quelles sont les objectifs fixés ?

LP : Les objectifs fixés pour les 100 ans de l’entreprise en 2020 sont ambitieux : doubler le chiffre d’affaires qui est de 11 M € en 2014, via le développement du tourisme industriel qui, selon nos ambitions, devrait atteindre les 200 000 visiteurs annuels,  passer nos ventes à l’export de 5 à 25 %, notamment en Asie et au Moyen-Orient, et développer les boutiques sur le modèle de celle inaugurée à Aix en février dernier. Depuis, nous avons ouvert à Marseille et à Lourmarin, puis une deuxième boutique à Paris en novembre et ajouté un « drive calissons » à La Pioline ! Dernier axe important : relancer un programme de plantation d’amandiers en Provence pour sécuriser les approvisionnements à long terme.

TM : Comment relancer cette filière production d’amandes en Provence ?

LP : Déjà 500 amandiers ont été plantés devant la fabrique marquant notre volonté de relancer cette culture. Nous allons ensuite ouvrir un conservatoire de l’amandier pour communiquer sur cette culture oubliée, dont Aix fut la capitale. Il faut savoir aussi que la culture de l’amande de Provence est devenue viable économiquement, les prix de l’amande californienne et espagnole ayant fortement augmenté. Nous participons donc à des groupes de travail qui représentent toute la filière : pépiniéristes, producteurs et transformateurs sont impliqués dans cette relance. Cela prend du temps pour mobiliser, changer les mentalités, travailler sur la définition des partenariats à mettre en place avec les producteurs, les transformateurs et utilisateurs. Nous sommes prêts à nous engager dans une démarche de contractualisation pour rendre durable l’activité et garantir l’achat de la production, puisque actuellement 200 tonnes d’amandes sont nécessaires par an pour la fabrication des calissons. Nous sollicitons aussi les institutions pour encadrer la filière et apporter de nouveaux moyens techniques.

Confiserie du Roy René
5380 route d’Avignon RD 7
Aix-en-Provence
_www.calisson.com

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