Andréa Ferréol, la passion dans les yeux

Célébrités  /   /  de Emmanuelle Vigne

‘‘La vie est trop courte pour qu’on la laisse s’écouler dans l’indifférence’’

Exubérante, généreuse, enthousiaste, bosseuse, Andréa Ferréol est aussi impétueuse, excessive, exigeante et attachante. Dans son livre, La passion dans les yeux, elle raconte son parcours singulier et sa carrière incroyable, démarrée en trombe avec La Grande Bouffe de Marco Ferreri. Comencini, Truffaut, Lelouch, Fassbinder, Rosi, Scola, Greenaway, Séria, Mocky l’ont dirigée. Ses partenaires ont été Tony Curtis, Alain Delon, Catherine Deneuve, Burt Lancaster, Andy McDowell, Mickey Rourke, Romy Schneider, Raf Valone, Claude Brasseur*… La passion de sa vie se joua dans l’intimité avec l’acteur Omar Sharif, avec qui elle a vécu un amour exclusif qu’elle révèle dans ce récit autobiographique…

ToutMa : Pourquoi ce recueil de mémoires maintenant ?

Andréa Ferréol : Une proposition de l’éditeur tout simplement ! J’avais déjà été approchée mais cette fois-ci, j’étais en confiance. Je suis partie huit jours avec Joëlle Gardes et je me suis racontée. Nous discutions, et parfois, pour garder le ton, retranscrire mes émotions, je jouais la scène vécue !

TM : Avais-tu déjà connu cet amour total avant Omar Sharif ?

AF : Absolument pas. J’ai connu de très belles histoires mais avec lui, j’ai vécu un amour fou ! Pour lui, j’ai tout accepté: ses caprices, ses désirs, mettre entre parenthèse mes projets et ma vie… Je suis restée subjuguée pendant treize ans et, à son retour d’Egypte, la passion s’est transformée chez moi en amitié amoureuse. Nous sommes restés très attachés. A présent qu’il a disparu, je continue à le porter en moi.

TM : Ton plus beau souvenir avec lui ?

AF : Un voyage ensemble au Caire, le seul. Sinon le souvenir de dîners somptueux. Ma relation avec Omar était faite de dîners. Cet homme était libre, l’importance de la femme était considérable mais à côté… et j’ai accepté de vivre à côté de lui. J’avais trente-sept ans, lui cinquante lors de notre rencontre. Un amour fou, déséquilibré sans doute, mais intense que j’ai eu la chance de vivre. En 2013 et 2014, il a tenu à assister aux Flâneries d’Art. J’en étais heureuse, c’était comme la reconnaissance des liens qui nous unissaient.

TM : Quelles sont les plus belles rencontres de ta carrière ?

AF : Il y a eu Dirk Bogarde avec qui je jouais dans le film Despair de Rainer Fassbinder. Une très belle relation amicale. Burt Lancaster avec qui j’ai tourné deux films**, était un homme magnifique, chaleureux, souriant. En général, j’avais un bon feeling avec les acteurs américains, les relations amicales se nouaient assez facilement. Je me suis bien entendue avec Victor Lanoux aussi avec qui j’ai tourné une série et un film.

TM : Tu as pris des risques dans ta carrière, notamment en débutant avec La Grande Bouffe…

AF : Mes amis, ma famille et Robert Hossein, avec qui je devais jouer à Reims, avaient tenté de me dissuader. Je savais juste au départ qu’il s’agissait d’un film où quatre hommes veulent mourir en mangeant et où je devais les accompagner dans cette étrange aventure. Moi je voulais ce rôle, je me suis préparée pour l’avoir. C’était risqué aussi de dire « oui » à Fassbinder sans parler un mot d’anglais, alors que c’était la condition de mon engagement ! Je l’ai appris en trois mois. J’ai le goût du risque mais surtout du travail.

TM : Quelles sont tes envies professionnelles aujourd’hui ?

AF : J’ai envie de paraphraser Annie Girardot qui disait aux César « Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma mais à moi, le cinéma français a manqué follement…». Avec l’âge, les rôles sont moins nombreux au cinéma. Même pas de rôle de grand-mère ! Je fais beaucoup de théâtre, de téléfilms mais le cinéma me manque.

TM : Que représente Aix-en-Provence pour toi ?

AF : Ce sont mes racines, ma jeunesse, mes parents, ma maison. J’aime y revenir. J’aime les pierres, la lumière, m’y promener à pied… La ville est pleine de vie, dynamique avec ses étudiants, ses cinémas, ses rendez-vous culturels et ses deux festivals d’art lyrique et de musique classique.

TM : D’où vient l’idée des Flâneries d’Art Contemporain ?

AF : C’est après avoir offert la Statue Cézanne de Gabriel Sterk à la Ville d’Aix en 2006, sur les conseils de mon ami Michel Fraisset, actuel directeur de l’Office de Tourisme, qui m’avait aidé à monter l’association Aix en Œuvres. J’ai voulu poursuivre et l’idée m’est venue d’ouvrir les jardins secrets et j’ai mis en œuvre mon amour de l’art avec passion ! L’art sous toutes ses formes ! Je crois que la culture n’est pas faite pour une élite. Voilà dix ans cette année que j’organise cette manifestation qui draine chaque année plus de monde. La gratuité de cet événement est primordiale pour ouvrir l’accès à la culture.

 

*Au total, Andréa a tourné plus de 100 films de cinéma, 80 films de télévision et joué 35 pièces de théâtre
**Il Giorno Prima et Le Fantôme de L’Opéra de Marco Ferreri (1973)

La passion dans les yeux
Ed. L’Archipel, 240 pages, 20€

Prochaines dédicaces :
– 10, 11, 12 juin Festival des livres et des Stars Couvent des Oblats, Aix-en-Provence
– 18 et 19 juin aux Flâneries d’Art Contenporain


 

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