Eric Lavaine, l’écriture perfectible

Célébrités  /   /  de Céline Bouchard

Regard noir et œil vif, cheveux en bataille, Eric Lavaine a un petit air de Louis Bertignac, avec en prime la même allure rock, la silhouette un poil plus dégingandée, plus haute. La voix est claire, le débit rapide, le discours fourni. Ce Parisien de 50 ans tout rond vit depuis 7 ans à Marseille. Il est tombé amoureux de son rivage, de sa poésie, de sa nonchalance… Il dit aussi que depuis qu’il y vit une partie du temps, il est devenu un travailleur du TGV. Persuadé qu’il ne bossera pas le temps de ses week-end répétés à Marseille – avec Patrick Bosso comme voisin, on l’imagine aisément – il met à profit ce temps passé dans le train. Car Eric Lavaine écrit. Il écrit même beaucoup. Scénariste depuis longtemps, réalisateur actuellement, il est toujours en quête du scénario parfait, celui qui ne présente aucun « ventre mou » selon son expression. Toujours à la recherche du rythme idéal. Celui qui permet ensuite de réaliser de bonnes séquences. Il faut dire qu’il a été à bonne école, celle de Canal +, celle si folle des années 90. Des Guignols de l’info où il écrit avec Bruno Gaccio à la célèbre série H, pour laquelle il a fourni 75 épisodes en quatre ans, l’écriture n’a eu de cesse.

 

Même si Éric est passé entre temps à la réalisation de longs métrages (en tout cinq films depuis 2006), il revient à la télévision cette année, sur M6, avec une série intitulée Comme à la maison qu’il a écrite pour Franck Dubosc, un des ses acteurs fétiches qu’il décrit volontiers comme un acteur surdoué n’ayant pas la reconnaissance méritée. Un acteur « clivant » comme il dit, qu’on adore ou qu’on déteste. Après Incognito en 2007, Franck a également la vedette dans l’hilarant Bienvenue à bord aux côtés de Valérie Lemercier, sublime et déjantée. Eric lavaine voue un culte particulier aux acteurs capables de faire rire car ils savent tout interpréter. Et lorsqu’il a pris plaisir à tourner avec eux, il récidive ! En 2014, avec Barbecue, mettant en scène l’amitié, le couple et leurs limites – où l’on retrouve Dubosc mais aussi Florence Foresti, Lambert Wilson, Guillaume de Tonquédec, Lionel Abelanski ou encore Jérôme Commandeur – Eric Lavaine renforce encore sa réputation de cinéaste rentable puisque le film dépasse le million et demi d’entrées. Heureux parce qu’il peut continuer à faire ce qu’il aime et surtout ne pas mettre en danger les gens qu’il fait travailler. Une sérénité qu’il apprécie.

Aujourd’hui Alexandra Lamy et Josiane Balasko sont à l’affiche de Retour chez ma mère, un film tourné entre Aix et Marseille et pour lequel on a une tendresse particulière. On retrouve aussi le solide Jérôme Commandeur et Mathilde Seigner à l’inimitable férocité. Dans ce film, Eric Lavaine s’interroge sur la crise familiale et la façon dont elle est perçue par chacun des protagonistes. La drôlerie est évidemment au rendez-vous avec une Balasko au sommet de son art dans son rôle de mamie délurée. Une comédie attachante où l’on retrouve tous un peu de soi.

Aujourd’hui encore, l’indéfectible scénariste s’est laissé séduire par le scénario d’un autre… certainement une pépite. Scénario qu’il met en scène en tournant à nouveau avec Alexandra Lamy (quand il aime, il ne compte pas) et Arnaud Ducret. Un film intitulé L’embarras du choix… L’histoire d’une femme qui ne sait pas choisir. Mais peu importe le sujet de cette histoire. L’important pour lui, c’est que celle-ci soit bien écrite.

 

Photo en une _Alexandra Lamy, Eric Lavaine et Patrick Bosso.

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