Aurélie Vaneck se réalise

Célébrités  /   /  de Céline Bouchard

 

A Marseille, Aurélie Vaneck est une célébrité, actrice de Plus belle la vie et de sa propre vie aussi… Originaire du Sud-ouest, la jolie comédienne a su s’adapter à notre ville, pourtant réputée pas facile, et même l’aimer. Elle nous l’a prouvé en épousant un Marseillais et en mettant au monde une petite « Liberté ».  Aujourd’hui, Aurélie se réalise. Elle fait du cinéma, pour être en adéquation avec un univers artistique qui jusque là ne lui était pas si familier, même si sa généalogie évoque le contraire.

Rencontre avec une artiste épanouie et solaire.

ToutMa : Aurélie, lorsqu’on grandit dans une famille de cinéma (un grand-père acteur, Pierre Vaneck, un oncle réalisateur, Jean Becker, tous deux célèbres), comment perçoit-on cet univers ? Conserve-t-il sa magie ?

Aurélie Vaneck : Etrangement, j’ai grandi dans la campagne de Bergerac où je n’allais jamais au cinéma et mon grand-père m’a emmenée une seule fois sur un plateau de tournage. Je n’ai jamais connu les gens de ma famille à travers leurs métiers… J’ai plutôt baigné dans un univers littéraire et je n’ai pas regardé la télévision jusqu’à l’âge de 20 ans. Du coup, j’ai aussi un vrai manque de culture TV !

TM : Ta vocation était-elle toute tracée, comme on devient médecin ou avocat dans une famille déjà notablement établie depuis plusieurs générations?

AV : J’ai été initiée tout autrement. J’y suis rentrée de manière plus intime, plus affective… en allant beaucoup au théâtre par goût. La vocation de comédienne m’a rattrapée et c’est évidemment vers le théâtre que je me suis tournée. Mes études artistiques m’ont aussi naturellement poussée dans cette voie. Après le bac, je suis allée à Paris et là, je me suis fait des « ciné-cures » comme je les appelais à l’époque (rires). J’ai ensuite fait des castings puis j’ai décroché le rôle de Ninon. Ma famille est plutôt d’un naturel discret. Par exemple, mon jeune frère avait depuis longtemps le rêve d’être comédien mais n’osait pas. Un jour, il est venu me voir en cours, le déclic a eu lieu… Dans Plus bellle la vie, ils avaient besoin d’un ado. Thibaud, qui a toujours fait très jeune, a été pris.

TM : Tu reviens à ton rôle de Ninon, dans Plus Belle La Vie après un intermède très rempli (maternité, mariage), un rôle au cinéma (Un balcon sur la mer de Nicole Garcia) une pièce de théâtre (Ricky Pompon). Te colle-t-il à la peau tant que cela ?

AV : Je ne suis pas partie si longtemps ! En fait, je pars régulièrement tous les 6 mois… Je fais des pauses (sourire).  Le tournage de la série est très intense. C’est un peu un laboratoire. On travaille sur l’efficacité, la rigueur  et c’est très important dans notre profession, mais j’ai besoin de chercher mes tripes ailleurs, au théâtre en l’occurrence, pour avoir un sentiment de profondeur. Du même coup, je reviens à la série avec bonheur, maturité et j’essaie d’approfondir mon personnage aussi.

TM : Tu as d’ailleurs travaillé avec Serge Noyelle au Théâtre Nono, un univers de cabaret assez fantasque mais on a aussi pu t’admirer sur la scène du Gymnase dans une création plutôt destinée à un public jeune ! Pourquoi vouloir te tester dans des sphères artistiques aussi éloignées ?

AV : J’ai fait 3 spectacles chez Nono, dont « Labyrinthe » pendant que j’étais enceinte. Ce sont effectivement des spectacles qui ne laissent personne indifférent. J’ai connu Serge Noyelle à la Villette avec Cabaret Nono,  que j’ai aussi fait d’ailleurs (clin d’œil). C’est ce qui est génial dans ce métier, justement… passer d’un univers à l’autre  et les enrichir mutuellement. Ricky Pompon par exemple, était une vraie épreuve. Le public d’enfants est très difficile, il faut le tenir en haleine constamment. On peut les perdre d’un instant à l’autre. Cela demande une énergie d’une intensité incroyable… j’y joue 6 personnages ! J’aime être dans le défi permanent, me mettre en danger. Au théâtre, on travaille sans filet…

TM : On te sent séduite par Marseille de manière générale ! Tu sembles t’impliquer de plus en plus dans la vie sociale et culturelle de la ville. Par exemple, c’est la 2ème fois que tu cours « La Marseillaise des femmes ». De quoi s’agit-il exactement ?

AV : Curieusement « La Marseillaise des femmes » a été créée par un homme, que je connais bien puisqu’il s’git de Bertrand Bossard, le metteur en scène de Ricky Pompon. Il vient de l’évènementiel et, depuis longtemps, voulait mettre en avant les coureuses Marseillaises. On ne s’en rend pas compte mais elles sont nombreuses ! Comme j’aime la cause des femmes, j’ai voulu apporter ma participation. Et puis c’est sympa cette touche féminine dans le sport, rare à Marseille. Bien sûr il y a un but caritatif derrière l’organisation de cette course, pour la recherche contre le cancer du sein et Amnesty International. Je me sens solidaire, c’est tout !

TM : Une poignée de privilégiés, dont la presse, ont pu assister à la projection d’un premier court-métrage que tu viens de réaliser. Beaucoup de gens sont impressionnés par la qualité de ce petit film imprégné d’humour corse. D’où vient ce désir de passer derrière la caméra ? On parle déjà d’une série de court-métrages…

AV : La énième fois que j’ai entendu cette blague corse* -à laquelle je n’avais pas du tout ri au départ- je me suis dit que j’avais envie de la mettre en images. Aurélie Surjus, qui est assistante sur Plus belle la vie entre autres, partage cette première réalisation avec moi. C’est vrai que cela nous a donné envie d’en faire d’autres car nous avons pris conscience de tous les thèmes que l’on pouvait aborder, notamment le régionalisme. Il y a au travers de cette possible exploration, un thème universel, celui de la peur de l’inconnu. Je suis en train de réfléchir aux univers que j’ai envie de traiter mais il s’agira à chaque fois d’univers très marqués, humainement et visuellement. Au début, je ne pensais même pas montrer mon film puis, finalement, je m’y suis résolue. Il a été créé pour vivre et être vu. J’ai adoré la réalisation, c’est un métier très différent de celui d’acteur et j’aimerai continuer à flirter avec les deux…

*blague qui souligne le caractère méfiant d’un peuple historiquement résistant à l’envahisseur.

Aurélie participe à Fort Boyard « spécial Marseille » diffusé le 2 juillet sur France 2.

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