Journee anti-gaspi, retour sur une belle initiative

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Sous l’ombrière la curiosité fourmille. La quantité de déchets alimentaires en France s’élève à 9 millions de tonnes par an soit plus de 139 kg par personne. À l’heure où les ressources sonnent le glas, un vent de positivisme s’engouffre à onze heures du matin sur le quai. Quand les uns se plaignent, d’autres apportent des solutions : la quatrième édition de la journée anti-gaspillage s’est installée au Vieux-Port.

Différents stands tentent de traduire le malaise de l’écosystème en coupant la nageoire à l’un de ses problèmes : le gaspillage alimentaire. Derrière les tables, les pêcheurs d’idées partagent avec nous leurs réflexions sur la consommation. Parmi eux la « Banque Alimentaire » des Bouches-du-Rhône qui collecte les denrées et encourage les ménages à maîtriser ses restes et ses déchets. Une autre association « Slow Food » créée par Carlo Petrini il y a 30 ans en Italie, ne mâche pas ses mots lentement : elle propose une alimentation propre, locale qui utilise le moins d’énergies possible, tirant la langue à la recrudescence des fast-foods ! Et alors que vous vous égarez à la découverte des conserves biologiques élaborées à partir de « vilains légumes » de La Compagnie des Bocaux ou vous laissez fasciner par des chips de fruits, qu’une foule de passants s’agglutine à la vue des jolies carrioles de la Friche.

« Gourméditerranée » organise les tentations. À l’intérieur des cuisines sur roulettes, les chefs de la région s’activent pour les préparations. Michel Portos du Poulpe, Vincent Poette du Malthazar, Georgiana de La Piscine, René Berges de La Table de Beaurecueil entre autres, s’activent derrière les poêles fumantes et les fruits et légumes rejetés par les standards industriels. Les artistes de la récupération organique n’ont pas besoin de crier pour attirer les foules. Les bouches se laissent hameçonnées avant que Clément Higgins de Bricoleur de Douceur ou Sylvain Depuichaffray de la pâtisserie du même nom, s’occupent des palais sucrés. Tout est luxe dans nos assiettes en cartons et fourchettes recyclables. Des beignets de légumes, des puddings de riz à la banane, des feuilles d’endives fourrées d’un mix sucré-salé, un coulis de fraises et d’autres merveilles. Pourtant il paraît que ce fut moche au début des préparations « C’est pas dans les mœurs, on va sélectionner les produits les plus beaux, mais finalement une bosse en plus ou une poire biscornue, ça à la même saveur. C’est une bonne initiative » nous dit ce monsieur en avalant une bouchée de purée. « Les dates de péremption ça ne veut pas dire grand chose » s’avance timidement cette dame en trainant ses recettes de cuisine dans son cabas.

Finalement la journée anti-gaspillage c’est mettre en lumière les poubelles trop gourmandes et les failles d’un système de surproduction. Pourquoi consommer des énergies, des ressources alors qu’un tiers de la production gaspillée ? On va vous cuisiner des idées.

Texte _Julie Mandruzzato

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