Rencontres à l’échelle, du 15 novembre au 13 janvier 2017. Quand le théâtre s’engage…

Théatre / Danse  /   /  de Jacques Lucchesi

Guerres, famines, persécutions : pas plus hier qu’aujourd’hui, le monde n’a été un paradis terrestre pour les innombrables générations qui s’y sont succédées. Moins que jamais, en cette époque saturée de flux informatifs, nous ne pouvons faire la sourde oreille au malheur qui gronde autour de nous. Tout circule – les hommes comme les images – et nous ne sommes pas à l’abri des drames qui se déroulent à des milliers de kilomètres de nos portes. Si les médias se chargent interminablement de les acheminer jusqu’à nos cerveaux fatigués, l’art a aussi quelque chose à nous apprendre sur l’état actuel du monde. Et le théâtre, plus que tout autre, est à même de nous faire entrer dans la conscience de ceux qui les subissent de plein fouet. Ainsi peut croître en nous notre naturelle capacité à l’empathie, condition même de notre humanité.

Pendant deux mois les Rencontres vont donner carte blanche à 13 créateurs français et étrangers, dont les approches théâtrales sont en prise directe sur les soubresauts de ce XXIème siècle. 

C’est le crédo qui détermine ces Rencontres à l’échelle dont Julie Kretzschmar et les Bancs Publics organisent la 11ème édition. Pendant deux mois – entre le 15 novembre et le 13 janvier 2017 – elles vont ainsi donner carte blanche à 13 créateurs français et étrangers, dont les approches théâtrales sont en prise directe sur les soubresauts de ce XXIème siècle. C’est ainsi que pour la soirée d’ouverture, au centre Montévidéo, Henri-Jules Julien questionnera, avec « De la justice des poissons », l‘asymétrie de nos points de vue sur les désastres du moment. Avec « Décris-ravage », le lendemain à la Friche belle de Mai, la dramaturge Adeline Rosenstein tentera de démêler la pelote d’épines de la question palestinienne. Ecrit et mis en scène par Omar Abusaada et Mohammad Al Attar, « Alors que j’attendais » (18 et 19 novembre, Friche Belle de Mai) abordera le conflit syrien par l’histoire d’une de ses victimes. C’est une histoire d’amour belle et désespérée que propose, avec « Doreen », David Geselson, puisque sa pièce relate les derniers jours du philosophe André Gorz et de son épouse malade (22 novembre). Quant à Laurent Petit et Lénaïg Le Touze, ils se livreront à un exercice d’hyper-poésie avec leur cosmologique « Depuis partout » (23 novembre). Le 25 novembre, toujours à la Friche, Jean-Paul Delore revisitera Macbeth à l’aune de l’histoire de l’Afrique du sud. Et le Syrien Waël Ali, le lendemain, reviendra sur les espoirs trahis du printemps arabe avec son «Je ne m’en souviens plus ».

D’autres spectacles non moins intéressants attendent tous ceux qui viendront confronter leurs opinions sur les tragédies moyen-orientales à l’altérité salvatrice, tant de leur mise en discours que de leur mise en espace. De quoi faire jaillir de nouvelles lumières.

Tous renseignements sur : www.lesbancspublics.com

 

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