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Covhair Bar, un Marseillais à Sydney

Entrepreneurs  /   /  de Julie Mandruzzato

Le torrent charmant d’un accent dans le murmure de ses ciseaux, coule sur les cheveux longs et blonds d’une clientèle locale. Yoav Cohen est un expatrié français. En 2014, ce jeune entrepreneur ouvre son salon de coiffure à Manly, populaire bord de mer dans la ville de Sydney. S’il s’est adapté à sa ville d’adoption, cela ne nous empêche pas de croiser son ombre flavescente dans les rues étroites de notre cité Phocéenne. Le Marseillais est un rêveur solaire dont le degré de positivisme excède le tempérament Australien. « Le premier jour que je suis parti de la maison pour aller au travail, ma mère m’a dit que si c’était pour faire la même chose que les autres coiffeurs, je ferais mieux de rester à la maison. Je crois que j’ai toujours fait en sorte de faire les choses différemment ». Il a eu l’art et la manière : Cov Hair Bar est avant tout un concept, plus qu’un studio de coiffure. En collaboration avec le monde de la mode, il revendique sa différence outre-mer dans une vague chic qui s’égare sur les plages de la volonté et de l’entreprenariat.

TM : Yoav, ta peau de bébé tu l’as cultivé dans le sud de la France c’est bien ça ?

Je suis né et j’ai grandit à Marseille effectivement, où j’ai travaillé dans un salon de coiffure depuis l’âge de 16 ans.

TM : Puis tu as choisi de partir en Australie, il fallait le faire…

J’avais 23 ans quand j’ai quitté la France. J’ai réalisé que je n’avais jamais vraiment voyagé à part quelques vacances, ici et là. Tout ce que je faisais c’était travailler. Je savais que ça n’allait pas s’améliorer, d’autant que je comptais y ouvrir un salon sous peu… J’ai toujours adoré le surf, les burgers, les road-trips (et les vraies blondes !) du coup j’ai fait mes bagages… et je suis parti !

TM : Tu as ouvert un salon de coiffure là-bas, j’imagine que ça n’a pas du être facile ?

Après trois ans exactement, j’ai ouvert mon shop à 26 ans. Avec 10 ans de bagages dans la coiffure et un peu de rage, il était temps ! Je n’arrivais plus à travailler pour les autres et accumulais frustration et ennui : j’ai eu envie de tout plaquer, alors je suis parti ! Le hasard a fait que quelques jours plus tard, j’ai rencontré mon associé qui n’avait rien à voir avec la coiffure, mais qui m’a dit « pourquoi pas ? » On a trouvé un beau shop et l’aventure a commencé !

TM : Et depuis ?

Aucun regret. Presque 3 ans plus tard on est très content, le shop a bonne réputation et on est complet ! Avoir sa propre affaire n’est pas forcément facile surtout dans un pays étranger, mais c’est gratifiant et enrichissant.

TM : S’expatrier, ça change la vie ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître la vie n’a pas changé en fait, la culture et les mœurs sont un peu différentes. Et tu parles anglais ! Je travaille beaucoup plus pour le coup, mais j’adore ça. Contrairement à ce que les médias européens montrent, l’Australie n’est pas le nouveau rêve américain. Mais c’est un pays fantastique où nature et béton se mélangent très bien et qui vaut le détour de 17 000 kilomètres… !

TM : Qu’est-ce qu’il te plaît le plus là-bas ?

Le première chose : c’est la sécurité et la paix qui transforme la qualité de vie. Par exemple je ne possède ni anti-vol, ni alarme pour ma moto. Je mets la clé sur la porte quand je vais faire du surf et je ne surveille pas mes affaires à la plage. Ça change la vie, crois-moi ! Tu rajoutes ensuite la politesse des habitants au quotidien, et ça c’est aussi appréciable.

TM : Mais il y a bien un petit quelque chose de Marseille qui te manque ?

La liberté ! Aller boire un verre ou manger où tu veux quand tu veux et ne pas être sous contrôle tout le temps par exemple. Ça peut sembler bizarre, mais tout est plus naturel à Marseille. Même ma compagne qui est Australienne s’en rend compte lorsque l’on part en vacances.

TM : Et à ton tour, tu amènes un peu de Marseille… ?

J’espère ! J’ai toujours été très fier d’être Marseillais et je le revendique ici aussi, par exemple mon shop s’appelle “COV Marseille”… Et en ce moment je lance une nouvelle marque de produits de beauté qui s’appelle TREIZE. Comme par hasard … !

TM : Est-ce deux villes que l’on peut comparer ?

Comparables ? Oui et non mais c’est le cas de toutes les villes. Je trouve Marseille plus belle et plus authentique que Sydney, qui elle, est plus jeune, vaste avec moins de caractère lorsque tu t’éloignes des vagues, mais elle reste très agréable.

TM : Quand on voyage, on a d’autres perceptions. Si tu avais un conseil à donner à la ville de Marseille pour s’améliorer ?

Pour améliorer le niveau de vie à Marseille, tout ce qu’il manque c’est un peu d’amélioration en terme d’espace pour circuler (voies piétonnes, pistes cyclables, parkings…) et un énorme effort sur la sécurité malgré une amélioration ces dernières années. En fait, plus que Marseille, la France en général, a besoin de changer à ce niveau… À part ça Marseille, s’il te plaît ne change pas trop, parce qu’on t’aime comme tu es !

Si d’aventures vous vous retrouvez sur le sol Australien et que vous souhaitez donner un coup de frais à vos algues capillaires, rendez-vous à Manly dans le studio de notre coiffeur Marseillais. Cov Hair Bar propose même un traitement spécial à ses clients, le concept store très créatif vous permet même d’arriver un mot clé à la bouche et ils avisent !

Cov Hair Bar
Shop 1/700 Military Road
Mosman NSW – 2088
www.covhairbar.com

Heures d’ouvertures :
Lundi – Mercredi : 10 / 19 heures
Jeudi – Samedi : 9 / 19 heures

 

Texte _Julie Mandruzzato

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