La vitalité du festival Parallèle, du 24 au 29 janvier

Théatre / Danse  /   /  de Jacques Lucchesi

Dans le projet du festival Parallèle – qui organise sa 7eme édition entre le 24 et le 29 janvier prochains -, il y a la volonté de décloisonner les arts de la scène, tant dans le rapport au spectateur que dans l’offre programmatique. Ici, on s’attache à promouvoir la parole d’une nouvelle génération de dramaturges, dans une ouverture totale des frontières. Qu’ils viennent de Grèce, d’Allemagne, du Liban ou du Brésil, c’est une parole vive, multiple, insolite qu’on attend d’eux. L’intention politique perce sous l’invitation artistique mais on aurait tort de s’en plaindre. Reste que cette injonction au sensible et à l’imprévu ne peut faire l’économie de lieux théâtraux ou admis comme tels, avec ses codes de participations, fussent-ils décorsetés. Pour cela Lou Colombani, directrice du festival, peut compter sur un réseau de théâtres institutionnalisés (la Criée, le Merlan, les Bernardines, le centre Montevidéo), mais aussi des espaces plus confidentiels (le théâtre de l’œuvre, le théâtre de la Cité), voire des galeries (Art-Cade) et des établissements scolaires (le Lycée Thiers). Au total, une douzaine de lieux dans Marseille où seront joués pas moins de quatorze spectacles en six soirées. A quoi s’ajouteront des expositions (Maupetit côté galerie), des projections vidéo et des lectures électroniques. Car il est dans le principe de ce festival d’associer, de façon rhyzomatique, des expressions artistiques rejoignant l’esprit des textes théâtraux.

Les spectateurs séduits par ce concept n’auront que l’embarras du choix. A titre personnel, je conseillerai les Apologues 4 & 5 d’Efthémis Filippou et du Vasistas Théâtre Group, création qui ouvre cette édition, mardi 24 janvier à 20h30 aux Bernardines. La confrontation d’une problématique moderne (l’intimité d’un couple) et d’une structure dramaturgique ancienne semble des plus prometteuses. Programmé le lendemain au théâtre du Gymnase, Dans le nomde Tiphaine Raffier propose également un argument original en donnant la parole à un éleveur moderne confronté à des problèmes qui plongent dans l’imaginaire paysan le plus archaïque. Ou encore King-Kong théorie, le pamphlet anarcho-féministe de Virginie Despentes adpaté par Emilie Charriot, le samedi 28 janvier au théâtre du Merlan. Côté danse, il faudra sans doute aller au MUCEM, le même jour en après-midi, pour voir Une vitalité indomptable de Daniel Blanga Gubbay et d’Ana Pi, rencontre-performance qui est une méditation chorégraphique sur les marges.

Ce sont là quelques suggestions qui ne doivent en aucun cas faire ignorer les autres propositions de ce festival pas si parallèle. On peut les consulter à l’adresse suivante : www.festivalparallele.com

 

Nota bene : A l’heure où nous rédigeons cet article nous apprenons la menace de fermeture forcée qui pèse sur le Centre Montévideo, partenaire de cette manifestation. Ce lieu d’accueil et de création contemporaine, parmi les plus réputés à Marseille, a trouvé son havre au fond de l’impasse Montévideo (13006) depuis 2001. Mais il est à présent en butte à des appétits immobiliers qui méprisent la culture, comme d’ailleurs tout ce qui peut s’opposer à leur volonté de rentabilité forcenée. Nous ne pouvons, chez ToutMa, que les soutenir dans ce combat emblématique de notre époque et de son tout-économique.

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