Patrick Bosso est Marseillais et ça, tout le monde le sait ! S’il vient présenter en janvier un spectacle intitulé « K Marseille », ce n’est pas pour revendiquer ses origines. Il préfère s’épargner une tournée harassante et jouer chez lui… à 50 ans, il aime prendre du recul, prendre son temps tout simplement pour bien faire les choses.
Il s’offre ainsi le privilège de ne jouer qu’à Marseille, source d’inspiration majeure, tout au long du mois de janvier…
Suite au succès rencontré lors des 14 représentations en Janvier dernier, Patrick BOSSO a décidé de prolonger son spectacle « K Marseille » en vous donnant rendez-vous les Vendredi 20 et Samedi 21 Avril 2012 à 20h30 au Dock des Suds à Marseille.
ToutMa : Bonjour Patrick… un spectacle « K Marseille » ! Tout est dit ou presque ! Que penses-tu du titre : « 2012 Marseille K pitale Bosso » ?
Patrick Bosso : (Rires) Tu fais ce que tu veux !!! Moi, je me suis juste fait un job sur mesure mais attention, « K Marseille », c’est un boulot énorme… il y a quand même 12 représentations en un mois ! C’est autant de travail qu’un spectacle itinérant, sauf que là, je rentre dormir chez moi… (sourire rêveur)
ToutMa : Pour toi, le public marseillais est-il plus difficile qu’un autre ? Pourquoi vouloir le séduire absolument ?
PB : Le métier d’humoriste est forcément séducteur. En ce moment, je me sens dans la force de l’âge et j’aime avoir un peu de recul. Un peu comme le peintre qui applique sa couleur et qui fait un pas en arrière pour voir l’effet que ça fait… c’est quand je fais ça que je me rends compte que j’aime Marseille et les Marseillais. Je suis quand même angoissé, car rien n’est jamais acquis ! Marseille a une identité forte qui marque les esprits… par exemple, vous dites ailleurs « je suis Léon de Lyon », tout le monde s’en fout ! (rires) Vous dites que vous venez de Marseille, on vous remarque ! Bien sûr il y a des cons comme partout ailleurs mais d’avoir vécu 25 ans à Paris m’a permis de voir Marseille sous un autre angle et de l’apprécier telle qu’elle est.
ToutMa : Et si le spectacle connait un succès tel qu’il doive sortir de nos frontières… s’adaptera-t-il à un public nordique ou même lyonnais ???
PB : Il peut parfaitement être perçu comme un spectacle présentant un caractère ethnique, je ne suis pas le seul à faire ça ! Avant, mes autres spectacles concernaient davantage la famille mais toujours avec Marseille en toile de fond… Regarde Woody Allen, il aborde tous les sujets avec Manhattan comme décor ! Ça marche plutôt bien pour lui…
ToutMa : Tu choisis une salle insolite, le Cabaret Aléatoire de la Friche de la Belle de Mai… il n’y a que le quartier qui soit populaire… le lieu affiche une clientèle très… bobo ! C’est fait exprès ? As-tu l’intention d’y interpeller le public, faire de l’interactif comme on dit ?
PB : J’ai choisi la Belle de Mai car c’est là que je suis né !! Après les gens, les bobos, qu’ils viennent… tant mieux ! Au Cabaret Aléatoire, qui porte bien son nom, il y a tout à faire (rires) ! Dans ce spectacle, je fais tout moi-même, du texte à la mise en scène en passant par l’affiche… Tout ! Comme le veut la coutume, j’ai jusqu’au 31 janvier pour souhaiter la bonne année. Je vais réellement offrir des coupes de champagne à mes spectateurs pour trinquer avec eux… Je vais donc être obligé de laisser la place aux improvisations ! Travailler seul procure une grande liberté. D’habitude je travaille en équipe et lors de la première, tout le monde y va de sa critique… là, j’ai fait l’insoumis. Bon, je leur ai montré le résultat quand même ! (éclat de rires) !
ToutMa : C’est un peu un retour aux sources… on imagine que tu as débuté ta carrière d’humoriste à Marseille. Raconte-nous une anecdote de tes premiers pas…
PB : Et bien non, je l’ai débutée à Paris ! Je suis allé passé une audition chez Niels Arestrup et il fallait donner 100 francs. Lorsque je suis arrivé devant lui, je lui ai dit « les 100 francs, je les récupère si je ne suis pas pris ? » ça l’a fait rire… Une demi-heure après, je suis revenu, j’étais sélectionné ! On a eu un contact très marrant tout de suite. Il m’amenait chez tous ses potes acteurs. Puis un jour, il m’a dit : « Tu es fait pour être sur une scène et connaitre ton texte, mais sans l’apprendre… regarde ce que fait Lenny Bruce ». C’est juste le créateur du stand-up, du monologue comique !
ToutMa : Sais-tu qu’avec toi, j’ai réalisé ma première interview ? C’était sur le tournage de « La cuisine au beurre », une adaptation TV… Bosso comédien, ce n’est plus d’actualité ?
PB : Ah oui, je me souviens… Pas de toi, mais de Natasha Amal oui (rires). En fait, j’ai un projet de vie plus que de carrière. En ce moment, je suis dans mon « pas en arrière de peintre ». J’ai un film en cours d’écriture avec Kad Merad et un projet de théâtre pour septembre 2012. La mise en scène est de Christian Bujeau. Avec lui, j’ai découvert Feydeau, j’adore !
ToutMa : C’était quoi ton rêve quand t’étais minot ? Et c’est quoi ton rêve aujourd’hui ?
PB : Mon rêve…? (air rêveur) Ce que j’aime dans mon métier, c’est qu’on emploie tout le temps le mot « jouer ». Ce n’est pas courant à 50 ans d’utiliser ce mot là ! Je crois que le mot « travail » en latin, « tritare », signifie « torture » (rires). Quand j’étais minot, je voulais jouer au football… Je trouve qu’il y a des similitudes quand même… la loge, les vestiaires, le temps imparti, le hors jeu… voilà ! J’ai réalisé mon rêve… je suis resté un enfant !
Photos _Sebanado




