Le printemps de la Double V Gallery

Vos Trombinos  /   /  de Jacques Lucchesi

La naissance d’une nouvelle galerie d’art à Marseille est toujours un évènement qui mérite d’être salué. Mais quand elle affiche, de surcroît, sa détermination à montrer de l’art contemporain, il faut aller voir ça de près. C’est le cas pour la Double V Gallery, fondée par Véronique Favier et Nicolas Veidig-Favarel à la fin de l’année dernière. Son objectif est double, lui aussi. D’abord mettre en lumière la création émergente, d’où qu’elle vienne. Ensuite s’adresser aux amateurs d’art – il y en a plus qu’on ne le croit à Marseille – pour les inviter à investir dans des propositions locales. Car, comme le dit son jeune directeur : « Acquérir une pièce à la Double V Gallery, c’est aussi faire un acte de soutien envers les artistes exposés ». Ceux qui participent à cette deuxième exposition susciteront-ils l’intérêt d’un collectionneur ? Nous le leur souhaitons, car leurs approches respectives, aux confins de la représentation, combinent émotion et réflexion avec une maturité sensible. Chacun illustre un aspect du thème conçu par Emmanelle Oddo (commissaire de l’exposition), Nous n’aurons de cesse d’explorer, qui est aussi son intitulé.

Artiste japonais vivant à Paris, Keita Mori (né en 1981) compose des tableaux d’une rigueur toute architecturale. Son matériau préféré : des fils de toutes couleurs qu’il tend sur ses toiles – mais aussi sur les murs – avec patience et précision. De ce travail arachnéen, il résulte des œuvres très aériennes et très denses, quoiqu’un peu froides.

Camille Ayme a le goût des voyages, mais aussi celui de la trace qu’elle met en scène ici avec une carcasse de Chevrolet recouverte d’une toile en soie. Sa particularité est de reproduire la cartographie des USA, ainsi que le tracé de ses déplacements dans ce pays. A voir également, juste à l’entrée, son kit d’évasion (miroir, voile, photos) réalisé avec Caroline Corbasson. 

17C’est l’espace cosmique qui fascine cette dernière (née en 1989). Sa méthode est quasiment scientifique puisqu’elle scanne des spectres de couleurs pour les distribuer ensuite sur des plaques de cuivre préalablement inflammées. Les taches qui en ressortent ajoutent à l’illusion stellaire de l’ensemble. Il est à noter que ses supports en forme de losange reproduisent sciemment celle des miroirs spatiaux de la NASA.

Quant à l’artiste polonaise Tatiana Wolska (née en 1977), elle propose une série de sept dessins rouges et bleus au tracé extrêmement méticuleux. Ses formes, msytérieuses et compactes, sont à mi-chemin de la racine et de l’organe, avec une insistance sur les replis dignes d’un Fred Deux.

« Scabelloni », l’exposition collective suivante en mai prochain, interrogera la relation entre l’œuvre sculptée et son socle. En attendant, il faut découvrir ce nouveau lieu d’art, convivial et ambitieux, qui enrichit l’éventail des propositions artistiques à Marseille.

Double  V Gallery
_28 rue Saint-Jacques, Marseille 6ème _06 65 10 5 04 _contact@double-v-gallery.com

Vous aimerez aussi

Pour sa première création à l'Odéon en tant que directeur de ce théâtre, Stéphane Braunschweig met...

1 000 promesses de bons moments de Marianne MORIZOT  et Jean-Marc TASSETTI Mettons que vous louiez...

Marseille n’est pas seulement la capitale du hip-hop, la preuve avec Play me again de Kid...