Carnage… le film

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Nos critiques Cinéma, un peu à la manière d’ « Un gars, une fille »… parce que, parait-il, nos cerveaux ne fonctionnent pas pareil.

Pas tant que cela en ce qui concerne « Carnage »… A lire absolument. Que vous ayez ou non vu le film !

La critique d’une fille : Lisa Vignoli

Chaos chez les bobos

C’est sur une scène qui pourrait sortir d’une oeuvre de Woody Allen que s’ouvre le dernier film de Polanski : filmés de loin de manière presque théâtrale, deux enfants se disputent jusqu’à ce que l’un d’eux donne un coup de bâton dans l’œil de l’autre. Point de comédies de moeurs pourtant, c’est sur un huis clos qu’elle débouche : dans un petit bureau, deux couples (les Cowan et les Longstreet) tentent de trouver le bon mot pour définir la rixe qui a opposé leurs deux bambins qui n’ont plus rien d’angelots. Passées les formules de d’usage, la rencontre dévale rapidement la pente de la courtoisie bourgeoise pour en arriver aux insultes les plus ras du sol.
Ce vernis qui craque devient alors le suc de ce film court (1h20) dont on se délecte de manière tout à fait jubilatoire. Il faut dire que la dégringolade est orchestrée par des acteurs plus vrais que nature. Du côté de la défense, se trouve le couple Cowan formé par Kate Winslet-parfaite en épouse gestionnaire de fortunes portant des jupes crayons et un collier de perles-et l’excellent Christopher Waltz (Inglorious Basterds) avocat de labos pharmaceutiques auquel on a greffé un blackberry au bout des doigts. Même réalisme du côté des Longstreet, union bobo qui ne se cache pas de s’appeler « Darjeeling » rapport à leur voyage de noces en inde (sic !). Elle (Jodie Foster), amoureuse de l’Afrique est pourtant capable de s’offusquer quand sa femme de ménage a omis de mettre du coca au frais. Lui (John C. Reilly) campe le rôle d’un mari dé(sa)voué qui décide ce jour-là de dire stop à l’aspect control freak de sa femme. Dans ce maelstrom de sentiments, les verres et les sacs se vident, les téléphones finissent dans des vases et les vêtements sont souillés. Reste, au bout du compte, un seul élément imperturbable : ce salon tout en gris-taupe-beige, lieu du Carnage. Roman Polanski maîtrise et reprend parfaitement à son compte l’aspect théâtral du Dieu du Carnage (pièce de Yasmina Reza qu’il réadapte ici avec l’auteure). Le triptyque théâtral (unité de temps, de lieu, d’action) ne fait pas peur au scénariste Franco-Polonais qui, (au risque de faire de la psychologie de comptoir) a vécu entre les quatre murs d’une cellule. Le réalisateur de Tess et du plus récent Ghost writer livre en tout cas un film qui, pour une fois, aurait pu durer plus longtemps.

 

La critique d’un gars : Jean Cois

Féroce et…jubilatoire !!

Roman Polanski, pas né de la dernière pluie, dut se demander pendant son « séjour suisse », s’il réaliserait un jour ce projet : adapter la pièce de Yasmina Reza, « le Dieu du carnage ». Deux couples aisés sont contraints de faire connaissance pour remplir la déclaration « d’accident »de leurs garçons : l’un deux a eu l’indélicatesse de briser deux incisives à son camarade. « Armé » ou « muni » d’un bâton ? Le poids des mots n’est pas le même pour chaque partie…
Couple 1 : Jodie Foster amateur d’art psychorigide qui étouffe son mari, John C Reilly vendeur en quincaillerie, débonnaire. Leur fils est la victime
Couple 2 : Kate Winslet arrive « flanquée » de son mari , Christoph Waltz, avocat cynique, portable « greffé » à l’oreille.
L’appartement feutré de Brooklyn devient  un ring ou les 4 vont s’affronter.Couple contre couple bien sûr. Mais la promiscuité forcée et l’alcool aidant, les rancœurs enfouies surgissent. Le vernis des conventions craque. On se lâche ; l’hystérie gagne… Des alliances improbables se nouent : Quoi de mieux qu’un bon whisky agrémenté d’un havane pour faire la paix des « braves » ; entre hommes, face aux deux harpies !!! Roman Polanski orchestre avec une croustillante perversité ce huit clos à la mécanique implacable, aux dialogues incisifs saupoudrés d’une bonne dose de méchanceté… pour notre plus grand plaisir. Car c’est bien le rire qui nous saisit face à ce grand carnage !!!

 

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