Sabine Bernasconi « Les Dimanches de La Canebière »

Entrepreneurs  /   /  de Céline Bouchard

Depuis janvier 2017, les Marseillais assistent, enchantés, au renouveau culturel de l’avenue la plus populaire de leur ville, proposé chaque dernier dimanche du mois. Et comme chacun sait, le renouveau par la culture est souvent la promesse d’une renaissance tout court. Sabine Bernasconi, charmant maire du 1er – 7ème s’attache à redonner de la noblesse à ce quartier à la gloire passée.

ToutMa : Quelles sont les premiers objectifs de cette démarche à portée socio-culturelle ?

Sabine Bernasconi : L’idée est simple… changer les regards sur le centre-ville et renouer avec l’identité culturelle, historique et patrimoniale de ce quartier. Les Dimanches de La Canebière sont une occasion pour les familles de venir se promener sur cette artère mythique et de prendre le temps de l’apprécier. Tous les Marseillais peuvent redécouvrir le centre ancien grâce à de nombreuses balades urbaines organisées. Ces dimanches préfigurent notre vision de l’hyper-centre de demain, c’est-à-dire, apaisé et attractif, par le biais des commerces anciens, des acteurs culturels et associatifs existants. De plus, une nouvelle dynamique d’installation d’activités est engagée par la municipalité et le Conseil Général 13. Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin se sont personnellement impliqués.

TM : Quels sont les signaux les plus forts qui vous ont donné envie d’agir dans cette zone symbolique en souffrance ?

SB : L’envie d’agir est basée sur une volonté commune, partagée avec les Marseillais, de mettre en lumière les atouts de ce centre historique. Certes, nous connaissons les difficultés actuelles de fonctionnement inhérentes à la gestion urbaine mais ce n’est pas une raison d’oublier ce qui fonctionne bien. La Canebière est un nom connu à l’international et possède de vrais atouts : la présence des théâtres du Gymnase, des Bernardines, de l’Odéon et le Théâtre de L’œuvre ; l’appui de grands acteurs de la Cité comme le président d’Aix-Marseille Université, Yvon Berland ou le président de la Chambre de Commerce Jean-Luc Chauvin ; des galeries d’art ; le cinéma d’art et d’essai Les Variétés ; la proximité du Conservatoire Régional de Musique et enfin la présence de la jeunesse, avec la Faculté de Droit et le lycée Thiers.

TM : Agissez-vous de pair avec Les Théâtres et le fameux « quartier premier des arts », mouvement récemment créé par Dominique Bluzet ?

SB : Bien entendu ! Les Théâtres sont les fleurons du centre-ville. Dominique Bluzet milite pour la création d’un « quartier latin », et il a raison ! D’ailleurs, Jean-Claude Gaudin s’est engagé pour la création d’une grande brasserie des théâtres, ce qui sera un plus pour les spectateurs qui pourront bénéficier d’un lieu branché et accueillant lors de leurs sorties culturelles. On n’invente rien, c’était déjà le cas il y a 50 ans. Je me suis investie en faveur de  l’implantation d’un pôle culturel cinématographique, en lieu et place de l’actuelle mairie de secteur. Cela sera un vrai lieu de brassage culturel, avec des salles de cinéma, d’expo et un lieu pour des show-case. Cette offre sera complémentaire à celle du cinéma Les Variétés.

TM : Quelles sont vos premières satisfactions ? Comment décririez-vous les temps forts des trois premières éditions ?

SB : Ma principale satisfaction a été de voir cette foule de Marseillais heureux dès la première édition. Rendez-vous compte, il y a eu près de 30 000 personnes pour l’inauguration, avec des familles et beaucoup d’enfants, ce fut un vrai succès populaire. Sur les trois dimanches, nous avons rassemblé quasiment 100 000 personnes qui y ont, pour certaines, passé la journée dans un environnement festif et sans voiture ! Cette piétonisation est une vraie réussite, et l’idée est de faire perdurer ce dispositif. L’autre belle satisfaction est pour les acteurs culturels et commerçants, qui ont pu profiter de cette forte fréquentation. Le marché provençal est à chaque fois bondé, les balades urbaines sont prises d’assaut et les propositions numériques suscitent une vraie curiosité. Certains commerces fermés jusqu’à présent le dimanche ré-ouvrent. Pour les acteurs culturels, Les Dimanches de La Canebière sont une vitrine de leur activité. D’ailleurs j’ai tenu à ce que la programmation soit diversifiée, avec les arts de rue, le cirque, la danse, le cinéma et la musique allant du classique au hip-hop. En outre, les enfants ne sont pas oubliés avec de nombreux jeux proposés.

TM : Imaginez-vous pouvoir redonner l’impulsion à ce quartier autrefois riche de culture populaire avec des théâtres de boulevard, des cinémas, cabarets, salles de spectacle, etc. ?

SB : L’impulsion a été donnée. Maintenant il s’agit de s’inscrire dans la durée. Un certain nombre de projets structurants sont lancés : le déménagement de la Mairie 1-7 au milieu de La Canebière et le pôle cinéma en haut ; le retour des grands hôtels (déjà l’hôtel 4* des Feuillants dans le quartier de Noailles), et une requalification de l’espace urbain aux alentours (semi-piétonisation des rues) et aussi l’utilisation des locaux vacants pour accueillir de nouvelles activités. Ainsi, l’objet-monde que nous cherchons tous est là, face à nous. Il descend des Réformés jusqu’au Vieux-Port. La Canebière, symbole du centre historique, sera le cœur culturel battant de la ville et de la métropole. Quelle ville peut s’enorgueillir d’avoir une avenue mondialement connue ? Il y a Las Ramblas à Barcelone, Les Champs Elysées à Paris et Broadway à New York. Vous voyez, nous jouons déjà dans la cour des grands !

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