Sabine Devieilhe, Lakmé à Marseille

Musique  /   /  de Camille Jalaguier

Avignon, Aix-en-Provence, Marseille… la soprano Sabine Devieilhe est une habituée de la région. Après des études de violoncelle et de musicologie, elle est devenue cantatrice et est aujourd’hui l’épouse du chef d’orchestre Raphaël Pichon. Fin avril, sort l’album de L’enfant et les sortilèges de Ravel chez Erato. Sabine y interprète le Feu, la Princesse et le Rossignol. Des rôles parfaits pour cette jeune femme pétillante et lumineuse considérée comme la nouvelle Natalie Dessay. C’est dans le rôle de Lakmé de Léo Delibes que l’Opéra de Marseille l’accueille du 3 au 11 mai. Sabine Devieilhe séjournera trois semaines dans la cité phocéenne pour 5 représentations.

TM : Restez-vous sur place quand vous avez des jours de repos ?

SD : Oui… J’essaye de me reposer et découvrir la ville quand j’ai un moment. Lorsque je suis venue il y a deux ans pour Falstaff de Verdi, j’en avais profité pour aller voir une opérette au Théâtre de l’Odéon. C’est une région dans laquelle il fait bon se balader, je pense que je vais prendre un petit bateau, profiter de la mer et voir des collègues dans l’arrière-pays comme Julie Fuchs qui a une maison près d’Avignon. Être bras nu au printemps, c’est très agréable !

TM : Vous avez des adresses de prédilection ?

SD : Je vous conseille Les Panisses, rue Sainte : un bon restaurant pour les salades de poulpes, les amuses-bouches à base de pois chiches et la poêlée aux couteaux. Sinon pour prendre un café sur le Vieux-Port sans être en plein soleil il y a La Caravelle (quai du Port).

TM : L’année dernière à Aix-en-Provence, vous réalisiez une extraordinaire performance dans “Le Triomphe du Temps et de la Désillusion” d’Haendel. (Le DVD sort le 2 juin). Ça a dû être un moment fort pour vous ?

SD : Absolument ! Je ne suis pas prête d’oublier ce travail avec Krzysztof Warlikowski. Ça a été un long processus d’apprentissage, il a composé ce personnage très sombre avec des envies suicidaires, qui ne me ressemble absolument pas. En plus j’étais enceinte, mais il a fait sortir des choses de moi que je ne connaissais pas. La lumière de l’œuvre ressortait encore plus grâce à la noirceur de la mise en scène.

TM : Le festival lyrique d’Aix-en-Provence est-il un moment particulier pour une chanteuse ?

SD : Une fois qu’on arrive dans la ville, on retrouve un vrai esprit de festival, on croise aussi bien les artistes que les festivaliers. Malgré la dimension du festival, cela reste très familial. J’y ai quelques projets en préparation et je m’en réjouis.

TM : Que faites-vous de votre bébé quand vous partez longtemps loin de chez vous ?

SD : Je l’emmène, c’est nécessaire pour lui comme pour moi. Il n’est pas encore sur le plateau, je ne l’ai pas mis sur une pagode indienne dans le décor de Lakmé mais… il découvre Marseille !

TM : Est-ce que votre voix a changé depuis la maternité ?

SD : Ma voix non mais moi oui. On est transformé par cette expérience. C’est la cinquième fois que j’interprète le rôle de Lakmé que j’apprécie de plus en plus. Ça fait du bien de retrouver un rôle qu’on connait et constater qu’on évolue.

TM : Est-ce que vous êtes flattée ou lassée qu’on vous compare à Natalie Dessay ?

SD : Je l’admire tellement que j’ai du mal à y croire ! Il y’a pire comme comparaison. Moi-même quand je pense à Lakmé, je pense d’abord à elle. Quand je me suis rendu compte il y a quelques années que j’étais soprano colorature, je l’écoutais beaucoup, notamment dans Lakmé. C’est une bête de scène pour ces personnages un peu désuets. C’est grâce à des gens comme ça que je me découvre sur scène. En tout cas moi je m’amuse beaucoup sur scène donc c’est peut être aussi ça qui nous rapproche aussi. Natalie Dessay est actrice aussi.

TM : Vous, vous pourriez dire que vous étiez violoncelliste avant d’être chanteuse ?

SD : J’étais au conservatoire au même moment en chant et violoncelle. Je ne sais pas si je voulais en faire mon métier sur scène mais j’envisageais de l’enseigner ou de faire de la musique de chambre. Puis les choses se sont faites assez naturellement ; c’est l’envie de la scène qui m’a naturellement guidée.

http://opera.marseille.fr/programmation/opera/lakme-leo-delibes
Du 3 au 11 mai
http://www.sabinedevieilhe.com/

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