Noëlle Praticci-Roux, demain sera haute-couture…

Talents d’ici  /   /  de Céline Bouchard

Silhouette menue, frais minois et grands yeux bruns écarquillés sur le monde, Noëlle Praticci-Roux laisse entrevoir une belle détermination sous sa douceur encore enfantine. L’enfance justement, douloureuse, malmenée parfois, a laissé des traces, une certaine fragilité apparente mais Noëlle, instinctive, sait l’utiliser pour avancer. Depuis la création de sa griffe, elle a gagné en maturité, a su se détacher de son passé pour devenir une femme, s’affirmer dans son couple et prendre son destin en main. Côté professionnel, un bac « artisanat & métiers d’art » en poche, Noëlle est allée se perfectionner à Paris dans une école où elle a appris le métier de modéliste, sa vocation première. Ensuite, fascinée par la grâce des fameuses « petites mains » de la haute-couture, la jeune fille termine sa formation auprès de Franck Sorbier. Le ton est donné. Il faut dire que petite fille, pour rêver un peu, Noëlle cousait ses culottes pour en faire des petits coussins en forme de cœur. Et elle y ajoutait des perles et des broderies pour que ce soit plus joli…

Aujourd’hui, la petite fille rêveuse est devenue une jeune créatrice déterminée car rassurée par les acclamations de la profession. Après avoir remporté un concours régional Med in Mode sous l’égide des Galeries Lafayette, Noëlle décroche un prix à Hyères puis se voit récompensée par la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode à l’issue du concours OpenMyMed. De nature la jeune femme est plutôt discrète et humble, ce sont souvent ses amis proches qui la poussent à l’exhibition nécessaire de ses créations. Ces dernières lui sont inspirées par tout ce qui l’entoure : Marseillaise fière de l’être, Noëlle aime évidemment le soleil, ses reflets, les contrastes et les ombres qu’il produit. Si on devait identifier son style, on le situerait entre Azzedine Alaia et Thierry Mugler. Noëlle Praticci-Roux imagine des vêtements structurés animés de détails complexes, notamment ces fameux points mains qu’elle maîtrise et réalise à la perfection. Sa collection Origami en est l’exemple concret. Ses silhouettes semblent des armures délicates. Pureté et force sont les maîtres-mots de ce premier jet créatif où le noir domine. Sa modestie l’empêche de reconnaître son affiliation possible à la haute-couture, également le manque de moyens pour accéder aux très beaux matériaux et à un atelier de fabrication. Mais ses futurs mentors mandatés par la MMMM sauront peut-être voir en elle ce potentiel et la diriger dans ce sens ! Pour le moment, Noëlle rêve d’une boutique rien qu’à elle, comme le rêva aussi Gabrielle Chanel en son temps…

_www.noellepraticciroux.com

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