Clara Luciani, pasionaria des sentiments

Célébrités  /   /  de Linda Mestaoui

Monstre d’amour, petite lumière… Non sans rappeler Barbara, cette grande fille brune à la beauté mélancolique chante avec une voix inédite. À 24 ans, Clara Luciani écrit comme un poète maudit, des petits textes percutants qui résonnent dans le cœur de ceux qui savent ce qu’aimer passionnément veut dire. 

 

 

ToutMa : Quel lien entretiens-tu avec le sud aujourd’hui ?

Clara Luciani : Je suis née à Martigues puis j’ai grandi autour de Marseille. Le sud me manque beaucoup, le soleil et ma famille surtout. J’ai l’impression que je ne serai jamais vraiment Parisienne même si ça va faire six ans que j’ai emménagé à Paris.

TM : C’est ici que tu t’es posée pour écrire les textes…

CL : Oui, j’ai écrit mon Monstre d’Amour à la suite d’une rupture, isolée dans une petite pièce chez mes parents. Leur maison a toujours été un vrai refuge pour moi.

TM : Monstre d’Amour… pourquoi ce titre ?

CL : C’est en référence à l’amour passionnel qui nous déforme et qui, en nous rendant fous, possessifs, jaloux, nous transforme en une sorte de monstre dans lequel on peine à se reconnaître.

TM : Quelles sont tes influences musicales ?

CL : Je peux aussi bien écouter les Sex Pistols que Najat al Saghira, Michel Legrand, Arcade Fire ou les Black Angels.

TM : Tu es en duo avec Nekfeu sur le titre Avant tu riais de son dernier album Ciborg, comment s’est fait la connexion ?

CL : Je crois que c’est Sacha du groupe La Femme qui a donné mon numéro à Ken. Il m’a contacté par sms et j’ai trouvé ça aussi étonnant qu’excitant. C’est hyper élégant de sa part de faire appel à une inconnue qui, en plus, vient d’un milieu musical très éloigné du rap.

TM : Tu aimes écrire, dessiner, mélanger les arts…

CL : Etant assez sensible, l’art m’a sauvé de beaucoup de tourments. C’est une vraie thérapie de pouvoir chanter, écrire et dessiner. J’ai toujours été très touche-à-tout sans jamais être « technicienne » en quoi que ce soit. J’adorerais mener des projets dans lesquels j’utiliserais toutes ces formes d’art. J’admire Patti Smith qui a su briller autant par ses chansons que par ses photos et ses livres.

TM : L’accueil de ton disque par le public ?

CL : L’accueil est bon ! Je reçois des petits mots, des photos, des dessins, je me sens très encouragée par les gens sur internet et rien ne peut me faire plus plaisir !

TM : Ton écriture est assez poétique, tant dans la forme que dans le fond. Quel est ton rapport à l’écriture ?  

CL : Quand j’étais plus jeune, je rêvais d’être écrivain et puis finalement je me suis vite rendu compte que je n’avais ni le talent ni la rigueur nécessaire ! Mais j’ai gardé le goût des mots, je les considère autant pour leur signification que pour leur sonorité. Il m’arrive de noter ceux que je trouve beaux pour les utiliser dans mes chansons. J’adore lire et quand je pars en tournée, j’ai toujours plein de livres dans ma valise.

TM : J’aimerais te faire réagir sur tes paroles que je trouve très belles : « J’ai le cœur qui s’égare (s’écœure) en attendant que toi (de n’attendre que toi), qui me ressemble tant qui ne me comprend pas »…

CL : C’est une référence à un poème très mélancolique de Verlaine que j’adore : Il pleure dans mon cœur

TM : Et le texte à crever est très beau aussi ! « Je redeviens une enfant assassinée par les grands »…

CL : Quand nous sommes accablés par de grandes tristesses, on redevient un peu un enfant, on pleure souvent et sans raison, on voudrait que notre mère s’occupe de nous et on se sent très vulnérable.

TM : Ta vision de l’amour ?

CL : Une vision complètement enfantine et assez proche de celle de Platon dans Le Banquet, comme si nous étions tous des demi-cercles à la recherche d’un autre demi-cercle pour nous compléter parfaitement. Je suis une amoureuse absolue. Je fais toujours les choses à cent pour cent dans la vie ou alors je ne les fais pas.

TM : Est-ce que la rupture amoureuse qui a engendré ces textes, a changé ta perception de l’amour ?

CL : Juste ce qu’il fallait pour me protéger ! Ma musique occupe désormais une place très importante, ce qui me permet de ne pas mettre l’amour trop au centre de ma vie bien qu’il reste un des moteurs principaux.

TM : Comment t’adaptes-tu à la vie parisienne ?

CL : J’adore Paris, je m’y sens toujours aussi touriste qu’au premier jour. Je m’émerveille encore des façades haussmanniennes !

TM : Comment définirais-tu ta musique ?

CL : C’est toujours difficile de fixer une étiquette sur ce qu’on fait mais je dirais que c’est un mélange de chanson parce que j’accorde beaucoup d’importance à mes paroles, et de rock dans le sens où ma musique est quand même sombre et rugueuse.

TM : Et enfin le lien avec ta guitare ?

CL : Indestructible ! Surtout depuis que nous avons sillonné la France juste elle et moi, seules sur scène en ouverture des concerts de Benjamin Biolay !

 

Photo en Une _© Pierre Lapin Le Bruchec

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