Vera Röhm à la fondation Vasarely

Photo / Art  /   /  de Jacques Lucchesi

Si le bâtiment de la fondation Vasarely (ouverte en 1976) est en soi une oeuvre d’art qui a enrichi le patrimoine architectural aixois ; si celle-ci offre, bien sûr, un panel appréciable des tableaux cinétiques de son fondateur éponyme, le père de l’Op’Art Victor Vasarely, elle ménage aussi une place pour d’autres créateurs, pour peu qu’ils perpétuent cet héritage moderniste.

Très tôt fascinée par les structures géométriques naturelles, elle va faire entrer dans ses travaux les mathématiques puis les algorithmes.

C’est sans nul doute le cas pour Véra Röhm (née en 1943), artiste allemande dont les sculptures abstraites ont reçu maintes distinctions. Très tôt fascinée par les structures géométriques naturelles – dont le fameux tétraède cher à Platon -, elle va faire entrer dans ses travaux les mathématiques puis les algorithmes. L’exposition qui lui est ici consacrée durant tout l’été s’attache à montrer l’évolution de son oeuvre, période par période, série après série. Voici, dans la cour, des pyramides en acier Corten partiellement teintées de blanc. Tandis qu’à l’intérieur on peut méditer sur des installations de poutrelles complétées par des enveloppes de plexiglas ou des modules de cubes en aluminium. Car il s’agit, pour elle, de rapprocher des matériaux que tout oppose à priori. Il y a aussi l’étude de la lumière et de ses possibilités esthétiques avec des séries comme les  Reliefs d’ombres  et le Labyrinthe d’ombres, réflexion objectale sur le temps, l’éphémère et le mouvement. A côté de ces sculptures aussi compactes qu’immatérielles, on trouve des photographies, l’artiste ayant fixé à travers elles ses explorations spatiales (Etaiements) comme ses visions aléatoires du changement de forme (les troncs brisés par la tempête). A tout cela, il faut ajouter ses nombreux décors réalisés pour le théâtre et la danse. Ainsi se dessine le portrait d’une créatrice polyvalente dans une apologie de la beauté rationnelle.

La prochaine exposition à la fondation Vasarely sera inaugurée le 15 septembre prochain. Son intitulé, qui est aussi sa problématique : Langages machines. Qu’en est-il du texte à l’ère du numérique et de l’hyper-communication ? Un sujet qui ne concerne pas que le geeks, loin de là ! Et qu’il faut d’ores et déjà noter dans son agenda.

Véra Röhm, à la recherche de la beauté rationnelle.
Jusqu’au 31 août 2017.

Fondation Vasarely
 1 avenue Marcel Pagnol, Aix-en-Provence.

Tous renseignements sur : www.fondationvasarely.org

L'oeuvre-dans-la-salle-de-conférence1

 

 

Vous aimerez aussi

Dans l’acceptation courante du terme, le luxe passe pour être une émanation de la richesse. Cette...

L’ouverture de la galerie Goutal, exclusivement dédiée à la photographie, confirme le statut de...

Comment définir les Rencontres de la Photographie d’Arles sinon en affirmant qu’elles sont une fête...