Jack London dans les mers du sud jusqu’au 7 janvier 2018

Divers  /   /  de Jacques Lucchesi

Un parfum d’aventures se dégage toujours du nom de Jack London (1876-1916). L’homme fut certainement un baroudeur de génie. Doté d’une sensibilité aussi intellectuelle que physique, il a accompli en seulement quarante années d’existence une œuvre littéraire dont on n’a pas fini d’explorer tous les aspects. Car si le grand public le connait surtout pour des romans ayant pour cadre le grand nord (L’appel de la forêt, Croc-Blanc), le sud aimanta aussi sa curiosité et son inspiration. C’est ce que nous montre cette belle exposition, Jack London dans les mers du sud, à la Vieille Charité.

Placée sous le commissariat de Marianne Pourtal-Sourrieu (conservatrice du patrimoine) et Michel Viotte (réalisateur et écrivain), elle rassemble une centaine d’oeuvres et d’objets ethnographiques prêtés par de nombreux musées français et étrangers. Ils sont pourtant moins importants, pour comprendre ce projet, que les deux-cent cinquante photographies (pour la plupart faites par Jack London) qui balisent ce parcours de 600 m2. Comme dans les vieux récits initiatiques, c’est un voyage prodigieux qu’elles nous racontent ; un voyage à qui elles confèrent le sceau de la réalité : celui que fit, entre 1907 et 1909, Jack London, son épouse Charmian et quelques hommes d’équipage à bord du Snark.

Parti de San-Francisco, ce voilier de 17,5 mètres de long acosta, 4000 kms plus loin, à Hawaï. Puis il aborda successivement aux Îles Marquises, à Tahiti, en Mélanésie, aux Îles Fidji et aux Îles Salomon. Loin de se contenter d’affronter seulement les humeurs de l’Océan Pacifique, London à bord écrit et photographie sans cesse. Quand il descend à terre, l’esprit empli par les romans d’Herman Melville et de Robert-Louis Stevenson (il ira même en pèlerinage sur la tombe de ce dernier, dans une des Îles Samoa), il va à la rencontre des autochtones et des exilés, achète des objets locaux, se fait photographier en tenue exotique. On le sent ivre d’une liberté que la civilisation occidentale ne lui a que rarement apportée. Et puis il y a de nouvelles recrues. C’est ainsi qu’à l’occasion d’une escale du Snark, le jeune Martin Johnson – futur ethno-cinéaste – embarquera avec eux.

De salle en salle nous les suivons dans leurs pérégrinations. Outre la maquette du Snark, nous découvrons avec émotion différents objets ayant participé au voyage, comme son petit sextant. Il y a aussi les œuvres ramenées de ces contrées lointaines : comme cette superbe coiffe fidjienne, toute en plumes et en coquillages, ou un peu plus loin, cette tapisserie aux motifs géométriques en provenance des Nouvelles Hébrides. Enfin, dans la chapelle, on peut admirer un groupe de cinq statues totémiques, magnifiquement peintes et sculptées.

Pour Jack London, l’aventure devait s’achever à Sydney, car il souffrait d’une maladie de peau occasionnée par une trop forte exposition au soleil. Elle ne fut pas pour rien dans sa mort prématurée, quelques années plus tard. Demeurent l’œuvre accomplie et la mémoire de ce voyage fabuleux que cette exposition nous restitue avec une précision intimiste. Embarquement immédiat !

Centre de la Vieille Charité, du 8 septembre au 7 janvier 2018.
Toutes informations sur www.musees.marseille.fr

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