Julien Doré au soleil

Célébrités  /   /  de Camille Jalaguier

Le beau blond de 35 ans nous parle de son rapport au Sud, à la création et de sa soif de liberté. C’est dans les Alpes-Maritimes que Julien Doré a pris ses quartiers pour écrire son quatrième album, & (esperluette) sorti l’an dernier chez Sony Music/Columbia. On a fredonné tout l’été son tube « Coco câline », caractéristique de son autodérision décalée. Loin des studios, Julien Doré est heureux aussi sur scène.  Il sera le 6 décembre au Dôme de Marseille, ville qui l’accueillait il y a dix ans pour le casting de La Nouvelle Star, émission télé-crochet qu’il remporta.  

ToutMa : Quels sont vos projets, en cette fin de tournée ?

Julien Doré : Je viens de coréaliser avec Brice un nouveau clip pour la chanson « Porto-Vecchio », j’en suis au montage. Je travaille aussi sur un nouvel artwork, une édition limitée avec différentes surprises, notamment un CD autour des live.

TM : Vous vous êtes réinstallé ces derniers temps dans le Sud de votre jeunesse, pourquoi ?

JD : J’ai tendance à me rapprocher de mes racines. J’ai enregistré l’album dans un chalet familial des Alpes du Sud où j’allais quand j’étais enfant. Ma région c’est la Camargue et les Cévennes. J’envisage sérieusement de m’y réinstaller sans tarder. La nature y est inspirante, apaisante. Elle me permet d’utiliser mes sens et de me laisser aller à la contemplation, ce qui est très difficile en ville. Je puise dans le Sud qui m’inspire.

TM : Il y a des artistes de la chanson française qui vous inspirent par ailleurs ? 

JD : C’est assez exceptionnel, je ne fais pas de parallèle avec les autres artistes, qu’on parle de leur écriture ou de leur vie.

TM : C’est rare de ne pas pouvoir être comparé à quelqu’un, vous devez le prendre comme quelque chose de positif, non ?

JD : Ce que j’essaye d’éviter, c’est l’étouffement. Quand on est envahi par les références, on peut être enfermé dans sa propre énergie. C’est ce que j’ai appris de l’époque où j’étais aux Beaux-Arts de Nîmes : par sa grandeur, l’histoire de l’art avait tendance à contrarier mes envies. Tant de choses sublimes avaient été faites qu’elles m’empêchaient d’avancer.

TM : Avec vos études aux Beaux-Arts et votre attrait pour le cinéma, vous avez une palette assez large… C’est une façon de ne pas se cantonner à la chanson ?

JD : Il faut fuir l’enfermement. Quand on a la chance d’être artiste, on se doit de toujours faire des tentatives et de conserver sa liberté.

TM : Comment vous sentez-vous dans une grande salle comme le Dôme, par rapport à un travail d’écriture plus intimiste ?

JD : Lorsque j’écris, je suis envahi de milliers de possibilités et je dois faire des choix… mais quand je suis sur scène c’est un tel abandon ! Une carte de l’imaginaire s’ouvre.

TM : Avec un album tous les deux ans et demi, vous êtes souvent en train de travailler le projet d’après…

JD : On est dans une époque où les artistes font plutôt un album par an ! J’ai l’impression de prendre du temps pour vivre chaque histoire donc je ne suis pas attrapé par la lassitude. Entre chaque album, je remets le compteur à zéro, je retrouve une dynamique qui me donne envie de porter ce que j’ai à dire. Et je suis fidèle aux garçons avec qui je travaille, comme Baptiste avec qui je jouais dans les bars à Nîmes il y a douze ans.

TM : Cela fait dix ans que vous avez participé à La Nouvelle Star, votre public est-il générationnel ? 

JD : J’ai l’impression que c’est très transgénérationnel, un clip comme celui de « Coco câline » peut réveiller la part d’enfance chez les adultes et toucher le monde de l’enfance a proprement parler. Le public sur scène est très différent, je vois des grands-parents et des tout petits.

TM : Vous aimez des endroits, ici, à Marseille ?

JD : On a malheureusement peu de temps en tournée. (ndlr : Il sera à Nice le lendemain, 7 décembre). J’ai des souvenirs incroyables de criques qui relient les zones que je connais. Je vais souvent à Arles pour des expositions. Dans le Sud tout est lié, il y a une même souche. D’ailleurs j’ai des racines sardes du côté de ma grand-mère.

 

En concert le 6 décembre au Dôme de Marseille
www.juliendoreofficiel.com

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