Marseille : le renouveau du J1 avec Le Monde tel qu’il va, jusqu’au 7 janvier 2018

Photo / Art  /   /  de Jacques Lucchesi

C’était en janvier 2013, pour le lancement de l’année européenne de la culture. Place de la Joliette, le J1, ancien hangar industriel jouissant d’une vue panoramique sur la mer, était inauguré avec une grande exposition sur les voyages maritimes. Une deuxième exposition, consacrée à Le Corbusier, devait suivre quelques mois plus tard, offrant aux Marseillais et aux nombreux visiteurs de passage, deux des plus beaux moments de cette mémorable année. Puis, avec la fin de la fête, vint l’heure des premiers bilans. Malgré quelques 300 000 visiteurs, les comptes n’étaient pas très favorables au J1 qui entra ainsi dans un sommeil événementiel durable. Après presque quatre ans d’inactivité, il se réveille enfin avec la perspective d’une nouvelle manifestation d’envergure en 2018 : Quel amour ! Nous reparlerons, bien sûr, de ce prochain événement qui fera la part belle à l’art, dont la photographie avec les expositions de J. R. et de Korakrit Arunadondchaï.

Pour l’heure, c’est avec Le Monde tel qu’il va, un retour à l’été dernier et aux Rencontres de la photographie d’Arles, lesquelles ne sont plus limitées dans le temps et l’espace. Sous cet intitulé voltairien ont été réunies ici huit expositions parmi les plus fameuses de cette édition 2017 (vue par 125 000 visiteurs). Avec La Vuelta, la nouvelle photographie colombienne occupe près de la moitié des 4000 m2 d’espace d’exposition. En noir et blanc ou en couleur, ces photos nous disent la dureté de la vie dans ce pays sud-américain, eden des narco-trafiquants. Elles nous parlent aussi du sens de la fête et des rêves, tant des autochtones que des photographes eux-mêmes, tels que Juan Pablo Echeverri qui se met en scène dans ses propres portraits, déguisé en super héros. Mais la vie n’est pas moins ardue en d’autres contrées du globe, comme en Afrique sub-saharienne, avec son flux incessant de migrants et ses milices bien décidées à mettre les populations locales sous leur coupe. C’est ce que nous montrent les séries de Samuel Gratacap (Fifty-fifty) et Philippe Dudouit (La Dynamique de la poussière).

En matière de drames humains, il faut compter aussi avec le réchauffement climatique, dont les inondations de plus en plus fréquentes sont une conséquence. C’est le sujet d’Un monde qui se noie, la troublante suite photographique de Gideon Mendel. Avec l’enquête extrêmement documentée qu’a menée Mathieu Asselin sur la firme américaine Monsanto, vous saurez tout sur les effets effroyables de ses désherbants sur les populations exposées, de l’agent orange d’hier au glyphosate d’aujourd’hui. Âmes sensibles s’abstenir. Une mention pour la photographe marseillaise Monique Deregibus qui a fixé son objectif, avec La Maison Chypre, sur les beautés et les fractures de cette île méditerranéenne, état membre à part presqu’entière de l’U.E.

Voilà, pour l’essentiel, le voyage qui attend tous ceux – et ils sont nombreux – qui n’auront pu voir ces expositions dans leur écrin arlésien. Une sorte de séance de rattrapage, gratuite de surcroît. On aurait tort de s’en priver.

Marseille : le renouveau du J1
Du 1er novembre 2017 au 7 janvier 2018.

23 quai de la Joliette, Marseille 2ème
Entrée libre. Tous renseignements sur : www.mj1.fr

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