Pink NoColor, prisme électrique

Talents d’ici  /   /  de Julie Mandruzzato

Débâcles d’ondes musicales, pluie de beats et de thèmes lyriques, PinkNoColor lance son premier album Sweet Meteorite. Un titre poétique pour un groupe marseillais explosif, enfin prêt à partir écumer les salles de concert.

Le rose n’est pas une couleur, ils en ont fait de la musique

La science a dit que le rose n’était pas une couleur, Patrick Ferné et Uli Wolters en ont fait un groupe. Une musique qui superpose accords et ondes en créant un nouvel algorithme, un mélange des genres et des instruments, de façon à créer une moyenne, un son unique que chacun perçoit à sa façon : « Nous avions tout simplement envie de faire une musique moins axée sur la technique instrumentale, plutôt centrée sur des textes, des textures ou des palettes de couleurs personnelles. » Dès le début de l’aventure, la violoniste Anna Startseva les a rejoints. Tous trois, anciens membres du groupe Kabbalah, ils avaient déjà tourné pendant dix ans en Europe ou aux États-Unis. « Lorsque la question de faire tout à fait autre chose s’est posée, il était naturel de repartir ensemble », nous explique Patrick Ferné.

Un tout nouveau projet qui se concrétise grâce à l’aide de La Mesón, salle de concert marseillaise et de Yul Edorh, avec qui le groupe a pu réaliser cet album, chez Da Town Studio. « Uli et moi amenions nos compositions au fur et à mesure en studio. C’était des chansons assez brutes et dépouillées, guitare ou piano et voix. On s’est donné comme règle de ne pas en avoir. On évitait de prendre les instruments sur lesquels on jouait habituellement. Nous voulions servir les chansons que l’on avait écrites, utiliser de nouveaux instruments pour éviter de tomber dans les automatismes et retrouver un peu de naïveté dans notre musique. Uli joue du sax et des claviers, Anna est violoniste et joue aussi des claviers. Pour ma part, je suis bassiste et guitariste et j’ai pu me retrouver à faire du piano ou du ukulélé ! », continue Patrick.

Un album arc-en-ciel donc, qui pose un pied dans l’instrumentalisme des premiers jours pour y puiser sa source et qui s’arc-boute sur des morceaux électroniques et des effets créés en studio. « Lorsque les enregistrements passés entre Los Angeles et Marseille se sont terminés, nous avons fait appel à des musiciens avec lesquels nous avions déjà jammé et qui étaient susceptibles de faire avancer le projet dans la même direction sur scène », nous confie encore Patrick. C’est ainsi qu’Aurélie Agullo à la batterie, et Christophe Isselée à la guitare rejoignent l’aventure PinkNoColor, en ajoutant leurs propres couleurs dans l’univers pigmenté du groupe.

« La musique creuse le ciel »

On n’a pas la prétention d’envoyer un message, nous voulons surtout partager nos ressentis, notre façon de voir les choses sur des thématiques générales : l’amour, le désespoir, le mysticisme, la société, le monde dans lequel nous vivons. » À mi-chemin entre Shaka Ponk et Talking Heads, débris de beats et rythmes saccadés, les morceaux sont écrits en anglais : « D’origine allemande, ayant vécu à New York, Uli rédige la plupart des textes. Il était naturel pour nous d’écrire et chanter en anglais. Nous sommes aussi énormément inspirés par la musique anglo-saxonne. Bien sûr on aime aussi Bashung ou Gainsbourg ! » Langue universelle, l’anglais semble filtrer ce melting-pot des genres et des sons qui s’abattent comme un cataclysme sur nos sens. « Pour l’anecdote, on s’est un jour retrouvés en studio à regarder les vidéos d’une météorite tombée en Russie. Toutes ces images rapportées par des gens qui les filmaient depuis leur voiture, semblaient irréelles et cataclysmiques. Ça nous a donné le fil de l’album. » On ne le dit pas assez, les idées tombent du ciel. Avec elles, la musique.

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