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Dondi White, à la Ghost Galerie jusqu’au 10 mai

Photo / Art  /   /  de Linda Mestaoui

Focus sur une exposition événement, à la Ghost Galerie à Marseille, en hommage à Dondi White, pionnier incontesté du mouvement graffiti new- yorkais, décédé il y a 20 ans. C’est la première fois qu’autant d’œuvres de l’artiste sont réunies au même moment, dans un même lieu.

From chaos to harmony

La Galerie ? D’ancien bureaux de police reconvertis aujourd’hui en galerie d’art spécialisée dans le post graffiti old school et les œuvres datées des années 1980 et 1990. Un clin d’œil du destin quand on sait à quel point les artistes qui peignaient sur les trains ont été, et sont encore aujourd’hui, qualifiés de vandales et poursuivis par la police. Une adresse confidentielle de 200 m2 avec jardin où les visites se font uniquement sur rendez-vous. Un lieu atypique, donc, qui couvre la première et deuxième génération d’artistes à l’origine de la naissance et du développement du mouvement graffiti à l’instar de Futura, Rammellzee, A-One, Daze, Cope2 et aujourd’hui du légendaire Dondi White. Le titre de l’exposition DONDISM fait écho à la qualification faite par l’artiste lui-même de son travail : « If you must title my work, it can only up under one title DONDISM. » Au total plus de 40 œuvres sont exposées, des prêts de collectionneurs regroupant des peintures, des dessins de l’artiste et des photographies de Martha Cooper, Henry Chalfant et Sophie Bramly. Aucune œuvre n’est à vendre, il s’agit simplement d’honorer la mémoire de l’artiste.

Born to rise

L’artiste, Donald J. White est né à Manhattan le 7 avril 1961 et mort le 2 octobre 1998. Quelques mois après sa naissance sa famille déménage à Brooklyn, quartier alors en proie à la pauvreté et aux gangs. Dondi est le plus jeune d’une fratrie de cinq garçons. Il grandit entre deux cultures (africaine par son père et italienne par sa mère) et son enfance est marquée par la religion catholique ainsi que son instruction dans une école religieuse. Attiré dès son jeune âge par le dessin, il passe ses journées à dessiner des croquis dans ses « Black books » (des carnets de dessins où rien n’était laissé au hasard : ni les traits, ni les couleurs, ni la composition finale) puis il se lance dans les rues de New-York et commence à taguer dans les années 1970. Un mouvement est né.

Talentueux, humble, précis, technicien hors-pair, il maîtrisait tous les styles à la perfection, passant du lettrage au figuratif avec aisance et brio. Dondi a influencé toute une génération de « graffiti artists », et est reconnu par ses pairs et par le monde de l’art comme le « Style Master General » (titre de sa première monographie). Mare 139 le qualifie de génie dans une interview réalisée dans le cadre de l’exposition Born in the Streets, à la Fondation Cartier, en 2009. Pas étonnant, pour le « king des Wholes cars », trains graffés immortalisés par les photographes Martha Cooper et Henry Chalfant. Il fit d’ailleurs la couverture du livre Subway Art, bible du graffiti réalisée par ces deux photographes passionnés à qui la culture graffiti doit tant, et fut l’un des premiers graffeurs à passer des trains à la toile, à exposer en Europe et à la mythique Fun Gallery de New York.

DONDISM, Dondi White Estate & Ghost Galerie
jusqu’au 10 mai, Marseille 6ème

Visite de l’exposition uniquement sur rendez-vous par mail ou par téléphone jusqu’au 10 mai 2018. 06 33 13 14 65 _06 52 91 71 84
www.ghostgalerie.com

Deux sérigraphies éditées et un catalogue.

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