Nasser : un cocktail électro-rock ultra puissant !

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Rencontre avec Nasser, le groupe marseillais qui a dynamité Marsatac. Ne vous fiez pas à leur air tranquille, assister à un concert de Nasser est une expérience sensorielle et musicale unique : décharge de 2000 volts assurée ! Les riffs de guitare de Simon, les nappes électro et la voix de Nicolas vous pénètrent et vous transportent dans une transe hypnotique dansante. The Outcomesorti en mars dernier, est un opus à l’univers sombre et raffiné, qu’ils sont heureux d’avoir présenté en exclusivité à Marseille. Cette nouvelle bombe électro-rock monte d’un ton tout en finesse, en suivant la lignée de leurs précédents albums, reconnaissables à leur esthétique musicale et visuelle, tout en rouge et noir. Prêts à franchir le mur du son ?

 

ToutMa : Que ressentez-vous à l’idée de jouer ce soir à Marsatac ?

Nicolas : Être ici ce soir nous fait extrêmement plaisir, parce que Marsatac est le premier grand festival français, avec les Solidays, à nous avoir fait confiance. C’est la quatrième fois que nous jouons ici, c’est un grand moment de jouer à la maison. Défendre notre nouvel album The Outcome à Marsatac est une consécration. On reste des Marseillais, notre ADN est ici.

Simon : Quand on a commencé, un de nos objectifs était de faire Marsatac. Ça nous fait super plaisir. Avec French 79, c’est la 7fois que je suis invité. C’est la folie à Marseille !

TM : Quels sont les artistes marseillais qui vous influencent ?

Nicolas : On a grandi avec certains d’entre eux, on les croise mais on ne peut pas parler d’influences. Je pense à IAM en premier.

Simon : Il y a Martin Dupont de la scène New Wave des années 1980, connu dans le monde entier. On se nourrit des artistes avec lesquels on gravite : Kid Francescoli par exemple, on est devenus très bons amis. On travaille ensemble, on est dans le même studio ! On s’écoute beaucoup les uns les autres, on se fait découvrir des artistes.

TM : Vous êtes survoltés sur scène : vous aimez ça ?

Nicolas : La scène, c’est l’endroit où l’on se sent le mieux, avec le studio évidement. La genèse de Nasser, c’est ne plus être sur scène uniquement avec des DJ, mais également avec des instruments, ramener le rock & roll dans l’électronique, transpirer comme à l’époque de Nirvana. Quand on commence à tourner, c’est là qu’on se révèle. Ça a quelque chose d’humain, on se regarde dans les yeux, on vit tous les mêmes choses, au même moment, avec la même intensité.

Simon : La scène, ce sont des moments privilégiés, ça ne s’achète pas. C’est un truc incroyable à vivre, on adore.

The Outcome
https://www.facebook.com/wearenasser/
En concert le 20 décembre 2018
à l’Espace Julien, Marseille

TM :  Issus de cette ville, quel regard portez-vous sur sa scène musicale ?

Simon : Les deux plus grands vendeurs de disques français sont marseillais, c’est Jul et Soprano. Il y a une scène underground qui se développe, qui tourne beaucoup et qui revendique le fait d’être de Marseille, ça fait plaisir. Clara Luciani est de Martigues !

Nicolas : Il y a une dizaine d’années, le hip-hop était l’essence même de la ville, mais aujourd’hui, il y a l’électro. Ça va dans le bon sens.

TM : Ou allez-vous écouter de la musique ou danser à Marseille ?

Nicolas : Les soirées Borderline sont très bien pour aller danser. On joue à l’apéro du bateau le 26 août.

Simon : On va à la Dame noir.

TM : Comment se porte la scène électro française ?

Simon : Daft Punk est le plus gros. Ça nous sert beaucoup quand on joue à l’étranger, ça crédibilise la musique française. Par rapport à l’Allemagne, qui est meilleure au niveau du son, ou l’Angleterre qui a dix ans d’avance, en France on a ce côté classe, c’est pas mal quand même !

Nicolas : Le mouvement de la French Touch a crédibilisé les artistes français et les a mis en lumière. Avant, le rock ne dépassait pas les frontières. Aujourd’hui en faisant du rock avec de l’électro dedans, tout le monde a compris le package.

TM : Pourquoi avoir attendu cinq ans pour sortir The Outcome ?

Nicolas : Nous avons fait une pause discographique de cinq ans, après deux albums et 300 concerts. On avait besoin de se poser, de laisser le projet Nasser en friche pour se renouveler et ne pas se mettre en danger artistiquement. Chacun a eu ses projets personnels, moi c’était la réalisation vidéo.

TM : Vous étiez trois, vous êtes maintenant un binôme, comment s’élabore aujourd’huivotre processus créatif ?

Simon : On est toujours trois sur scène, mais deux en studio.

Nicolas : Les décisions sont plus simples à prendre à deux. Je suis plus impulsif et Simon plus réfléchi, mais ça fonctionne de la même manière qu’avant, on retrouve les mêmes automatismes qui font Nasser. Au studio, on a chacun notre pièce, mais on fait beaucoup de ping-pong. Simon fait des boucles, des lignes de basse, moi je teste des lignes de chants et puis on se retrouve.

TM : The Outcome casse le mythe numéroté des deux autres albums, pourquoi ce changement ?

Nicolas : L’idée c’était de passer à une nouvelle ère. Le concept était fini, le triptyque ne marchait plus. Aujourd’hui, notre approche est plus cinématographique, l’album est comme un titre de film de genre, la photo de l’album est d’ailleurs une affiche de film.

Simon : Le rouge c’est le cœur, l’amour, la passion. Quand on fait des live notre code couleur, c’est le blanc, le rouge et le noir.

TM : Justement Love est-elle réellement une chanson d’amour ?

Simon : C’est une chanson qui parle de l’amour. C’est bien tombé dans le cadre de « MP2018Quel amour !? » Pour la première fois, on joue un morceau très lent.

Nicolas : L’amour c’est pas que fleur bleue. L’amour c’est la vie, c’est parfois des déceptions. Love est suivie de Rupture et de The End, c’est une histoire de couple, un mini film. À la fin, il y a toujours un nouveau départ…

TM : Le clip de Loveest violent, on pense à un viol…

Nicolas : C’est moi qui l’ai réalisé. Non, il ne faut pas le prendre au premier degré, c’est une histoire de marginalité. Nasser, c’est de la science-fiction.

TM : Votre identité musicale et visuelle se révèle assez sombre ?

Simon : Pas spécialement plus sombre qu’avant, mais mélancolique dans ses mélodies. Nos influences sont les films de John Carpenter, les films d’horreur.

Nicolas : Cet album est plus pop, plus enjoué.

TM : Kaori Ito, danseuse et chorégraphe japonaise chante sur plusieurs morceaux…

Nicolas : On s’en est servi comme narratrice. Elle apporte une dimension plus cinématographique.

TM : Comment utilisez-vous les images ?

Nicolas : On a un pack graphique sur cet album : pochettes de disques, clips, scène. La nouveauté, c’est cet écran de 8´2 mètres sur scène, sur lequel on va diffuser des images de nos clips. On verra Kaori Ito sur les morceaux qu’elle chante, elle raconte son histoire comme une bande son, ça fait référence au Dune de David Lynch.

TM : Pourquoi chantez-vous toujours en anglais ?

Nicolas : C’est plutôt à la mode de chanter en français, mais on a pas voulu surfer sur cette vague-là.

Simon : On a une culture de musique anglo-saxonne : Bowie, Nirvana. C’est plus une question de sonorité qu’une manière de s’exprimer.

TM : Êtes-vous des artistes engagés ?

Nicolas : Nous n’avons pas de messages politiques ou sociaux à faire passer.

Simon : Si on avait voulu parler de l’actualité, on aurait plutôt été journalistes.

TM :  Marseille est une ville qui vous inspire ?

Nicolas : Bien sûr, sinon on serait partis depuis longtemps ! Elle permet de faire des choses seuls. En termes d’infrastructure, c’est beaucoup moins cher qu’à Paris. Et puis, il fait beau quasiment toute l’année, on est bien ici !

Simon : Il y a une qualité de vie exceptionnelle pour les artistes. Quand on part en tournée, on est hyper contents de rentrer chez nous. Paris, on y va assez souvent comme ça !

TM : Vous revendiquez votre identité marseillaise ?

Simon : Je ne suis pas né à Marseille mais je vis ici depuis longtemps.

Nicolas : Je suis né à Aix, pour les Marseillais je parle pointu ! Aujourd’hui, c’est un peu plus classe de dire qu’on est marseillais. Enfin, les Marseillais commencent à être fiers de leur ville. Ils se bougent pour dire que c’est ici que ça se passe.

TM : Quel est le dernier morceau que vous avez écouté ?

Simon : Le dernier truc que j’ai écouté ce matin, c’est Jai Paul.

Nicolas : Moi c’est Heartbreakde The James Hunter Six. Je croyais que c’était des vieux bluesmen blacks et je vois toutes ces tronches de blancs ! J’ai trouvé ça pas mal !!!

Interview _Ariane de Maistre

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