Séville, perle de l’Espagne du sud

Plus Loin  /   /  de Jacques Lucchesi

A deux heures seulement de Marseille par avion, la capitale de l’Andalousie concentre tous les charmes de l’Espagne du sud. Une destination idéale pour y flâner seul ou à deux, durant un week-end.

Ce qui surprend le visiteur qui débarque à Séville, c’est la chaleur. Même au printemps – saison riche en manifestations folkloriques multiples -, la température dépasse fréquemment les 30 degrés : mais nous sommes à la pointe sud de l’Espagne. C’est aussi la vitalité qui caractérise cette cité bi-millénaire. Le sens de la fête et la faconde des Espagnols ne sont pas qu’un cliché vaguement xénophobe. On les constate un peu partout dans ces petits bars à tapas ouverts souvent tard dans la nuit. Les églises y sont nombreuses et toutes très fréquentées. Ici la moindre communion se prolonge par de joyeuses libations. Séville regorge de vieux quartiers, comme celui de la Macarena, avec ses anciennes fortifications et sa porte d’entrée baroque, jaune et blanche. A l’intérieur, ce ne sont qu’entrelacs de rues pavées et petits immeubles aux façades sémillantes, avec des balcons à tous les étages. Mais elle dispose aussi de larges avenues bordées de palmiers que parcourent inlassablement cyclistes et joggers. Ville du sud, elle n’en a pas moins un rapport exigeant à l’environnement : ici pas de déjections ni détritus qui s’étalent sur les trottoirs. Et l’on y chercherait en vain cette malice vis-à-vis des touristes si sensible dans une ville comme Naples.

Oui, il fait bon flâner dans Séville, à la découverte de son patrimoine culturel et architectural. Celui-ci résulte de nombreux métissages, de maintes transformations, depuis la création de la ville par les Phéniciens au Vème  siècle avant notre ère jusqu’à la « riconquista » des souverains catholiques au XVème siècle, après de longues périodes de colonisation romaine, germaine et arabe. Ainsi la très belle cathédrale de la Giralda, qui culmine à 76 mètres, a été élevée sur un ancien minaret. Et c’est pareil pour la célèbre Torre del Oro, en bordure du Guadalquivir (le fleuve qui irrigue Séville), puisqu’elle fut construite au XIIIeme siècle par les Almohadès pour prévenir les risques d’invasion maritime.

La Séville moderne n’est pas moins intéressante, avec ses deux technopoles, son aquarium géant et son parc d’attraction – l’Isla Magica – qui revisite l’imaginaire des grandes explorations. Forte de 700 000 habitants, la capitale de l’Andalousie peut s’enorgueillir d’avoir été, au XXème siècle, l’organisatrice de l’Exposition Ibéro-Américaine de 1929 et d’une Exposition Universelle en 1992. D’importantes constructions – comme la Torre Sevilla ou le pont de l’Alamillo – sont venues enrichir son paysage urbain. Malgré tout, elle reste marquée par son passé prestigieux et, au moins sous l’angle touristique, il participe au dynamisme de son présent. Voici quelques propositions de promenades instructives ou enchanteresses.

La Plaza d’Espana (photo en une) : avec sa structure semi-circulaire, ses calèches et ses bassins où s’activent des rameurs, la Plaza d’Espana est l’un des sites les plus emblématiques de Séville. C’est aussi le siège d’administrations et de différents musées. On peut y découvrir, inscrits dans le marbre, les armoiries et les symboles de toutes les provinces d’Espagne. Les saltimbanques y sont nombreux et les danseuses de flamenco y font régulièrement des démonstrations de leur art trépidant.

Le Parc Maria-Luisa : juste à côté, le Parc Maria-Luisa (340 000 m2 de superficie) entraine les promeneurs dans un immense labyrinthe de verdure. C’est l’endroit idéal pour faire une pause-déjeuner. Offert à la ville par l’Infante Louise Fernande de Bourbon, il regorge de fontaines, d’étangs  et de pavillons anciens. La flore y est luxuriante et l’on y trouve d’innombrables espèces d’arbres. Ici  les oranges se cueillent à même la branche, quand elles ne jonchent pas le sol. Les animaux ne sont pas en reste, particulièrement les oiseaux qui ont, au cœur du jardin, une île toute à eux.

Le palais de l’Alcazar : Inscrit au patrimoine mondial de l’humanité  depuis 1987, l’Alcazar de Séville se présente comme un palais fortifié qui garde les traces de ses origines musulmanes (il fut édifié en 844, sous les Omeyyades). A l’intérieur, ce ne sont que jardins, bassins, colonnes, fresques et azulejos, reflets d’un art de vivre somptueux et sensuel. Longtemps résidence royale (l’actuel roi d’Espagne y conserve un étage), il réserve au visiteur un parcours fascinant dont les étapes, de porte en porte, de salle en salle, sont autant de plongées dans l’histoire espagnole. Comptez au moins une journée si vous voulez vous imprégner de toutes ses richesses.

Le Musée des Beaux-Arts : Au centre de Séville se dresse le discret Musée des Beaux-Arts (Museo de Bellas Artès). Il n’a certes pas l’envergure internationale du Prado de Madrid, mais tout au long de ses quinze salles, il offre en abrégé la vision de cinq siècles de peinture espagnole, depuis la Renaissance jusqu’au XXeme siècle en passant par le Baroque. Si les plus grands peintres (Murillo, Vélasquez, Zurbaran ou Goya) y sont largement représentés, ce musée ménage la part des artistes sévillans dont les œuvres, peintes ou sculptées, sont parfois d’une beauté surprenante. En outre, il possède un délicieux et rafraichissant patio en son centre.

Le Musée de la Navigation : Que serait Séville sans la mer ? C’est elle qui, à partir du XVIeme siècle, a assuré sa prospérité et sa renommée. Pour comprendre sa place dans le commerce avec les Amériques, il faut se rendre au Musée de la navigation (Muséo de la Navigacion) qui offre, en outre, un point de vue panoramique sur le Guadalquivir. Dans cet espace tamisé et moderne sont retracés les différents moments  de l’expansion maritime espagnole, avec de nombreux objets d’époque, mais aussi des maquettes et des bornes interactives. Un détour capital pour qui veut connaitre l’histoire de cette ville.

 

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