Éric Antoine, de la magie au théâtre

Célébrités  /   /  de Elsa Galland

L’humoriste-magicien a acheté le Théâtre d’Aix pour y poser ses malles et y présente sa dernière création : Sur mesure. Un spectacle d’improvisation, créé chaque soir avec le public. L’occasion pour nous de rencontrer cet Aixois d’adoption.

ToutMa : Vous avez grandi à Enghien-les-Bains et fait vos études à Paris. Aviez-vous des attaches aixoises particulières avant de vous installer ici il y a quelques années ?

Éric Antoine : Aix est une découverte absolue. J’adore Paris, ville de culture et de création. C’est là que je passe le plus clair de mon temps, puisque j’y travaille. Mais mon épouse australienne avait besoin de soleil, elle dépérissait sous la grisaille. Lorsque notre premier enfant est né, nous en avons très vite eu assez des trottoirs trop petits pour les poussettes. À l’occasion d’un week-end nous sommes descendus jusqu’à Aix et nous sommes tombés amoureux de la ville, de son ambiance et de son architecture. Et je suis d’origine savoyarde, j’aime la montagne : ici ce sont déjà les contreforts des Alpes. J’apprécie ce côté « tout à la fois » soleil et démarrage des montagnes ! Les gens qui sont nés ici ne se rendent pas compte que dans le reste du monde la météo est assez dure. Mais bon, il ne faut pas trop le dire, sinon tout le monde va vouloir venir ici !

TM : Vous avez donc acheté le Théâtre d’Aix pour pouvoir travailler plus souvent en Provence ?

EA : Oui, pour être plus là et puis c’est un rêve de gosse. Quelque chose que je partage avec mon épouse. Nous rêvions d’un lieu d’accueil, de création et aussi de la possibilité de pouvoir créer mes spectacles sur notre lieu de vie. Et puis nous voulions renvoyer la balle. Lorsqu’une carrière marche, c’est joyeux et chaleureux de faire venir d’autres artistes, de partager son succès.  

TM : Vous avez eu un début d’adolescence entravé par d’importants ennuis de santé. La magie était un dérivatif. Quand est-elle devenue une passion telle que vous avez pu envisager d’en faire un métier ?

EA : J’ai vraiment eu un déclic professionnel. Je faisais des études de médecine et de psychologie. Pour pouvoir vivre je travaillais dans l’événementiel : je me produisais comme magicien dans des restaurants, des bars, etc. Un jour j’ai été engagé sur un congrès de médecins qui portait sur les illusions cérébrales. Il y avait un chirurgien, un philosophe et puis moi… Je me suis dit : tu racontes des trucs durs avec un air malin, tu les bouscules en les rendant drôles et ça fonctionne. Oui, on peut être théâtral, narratif, spectaculaire et aussi pertinent. J’ai alors commencé le théâtre. 

TM : L’univers de la magie est assez masculin, quid de la magicienne ? De votre côté, vous avez fait monter votre femme avec vous sur scène, comment fonctionne votre duo ?

EA : Nous avons travaillé ensemble sur trois spectacles. Elle (Calista Sinclair, NDLR) a d’abord été Bernard, mon « assistant invisible » puis c’est elle qui a créé Lindsay, l’assistante pas du tout timide. Mais oui, c’est dramatique, il n’y a pas de magicienne… À la limite, « fée » est le terme le plus agréable, sinon c’est toujours la sorcière ! J’ai écrit un solo pour ma femme : Comment devenir magicien ?
En moins de 57 minutes.
Vous pouvez la découvrir en ce moment à Paris, à la Gaîté-Montparnasse. Je crois que le manque de femmes parmi les magiciens est dû au métier lui-même. C’est un truc de geek, de collectionneur. Il y a un côté un peu ringard dans la magie, le truc de l’adolescent un peu mal dans sa peau qui fait des tours pour exister autrement. Mais c’est un monde qui s’équilibre peu à peu.

TM : Vous êtes bien plus qu’un magicien. à qui vos spectacles sont-ils vraiment destinés : aux enfants, aux adultes ?

EA : J’écris pour tout le monde, vraiment. À la Pixar ou à la Disney, avec différents niveaux de lecture possibles. Mon éditrice chez Universal disait que des enfants de
7 ans étaient écroulés de rire devant mon spectacle tandis que des lecteurs de Télérama adoraient son côté pointu. Les ados en aiment le côté trash et les trentenaires l’aspect rock’n’roll.

TM : Avez-vous d’autres projets provençaux ?

EA : Nous voulons créer une compagnie ici. Nous écrivons des spectacles, dans l’esprit revue, cabaret… Nous avons une programmation avec des têtes d’affiche, mais aussi des stars en devenir… Il faut donner un coup de main, éveiller l’intérêt du public pour ces artistes.

TM : Auriez-vous un conseil à donner aux apprentis acteurs/magiciens ?

EA : Le premier conseil, c’est la curiosité. Je leur dirais : « Intéressez-vous à tout ; à tous les autres arts. » Le métissage provoque l’inspiration. Ne copiez pas mais mélangez, puis créez vos recettes !

 

SUR MESURE les 27, 28, 29 et 30 novembre
Théâtre d’Aix
8 av. de la Violette, Aix-en-Provence
_04 42 33 04 18 _www.theatredaix.fr

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