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Les Rencontres du 9e art, jusqu’au 25 mai

Divers  /   /  de Caroline Bouteillé

Ce n’est ni un salon du livre, comme on en trouve quinze à la douzaine et où des éditeurs en pilote automatique suent, catatoniques, toute l’eau de leur corps, sous des néons sans âme, en psalmodiant les titres des nouveautés de leur catalogue (histoire vécue), pendant que leurs auteurs taylorisés débitent des dédicaces à la chaîne ; ni une bourse aux livres, où dénicher des raretés implique à tous les coups d’adopter autant de colonies d’acariens (alors que, peut-être, vous avez déjà un chat ou un chien). Non, pour les Rencontres du 9e art, vous prenez ce qu’il y a de bien dans tout ça et vous retirez le mauvais. C’est donc plutôt une bonne formule : vous pourrez vraiment découvrir des pépites de la bande dessinée internationale, publiées par de grosses maisons d’édition aussi bien que par des éditeurs beaucoup plus « indé », tout en rencontrant les auteurs et en découvrant leurs travaux à travers des expositions très complètes. 

On retiendra, entre autres, l’expo consacrée au travail colossal du néerlandais Typex sur Andy Warhol (qui a donné lieu à une biographie protéiforme qui a fait sensation l’année dernière : Andy, Un conte de faits), d’inspiration très américaine, entre Crumb et Will Eisner. Mais aussi l’installation de Caroline Sury (auteur et cofondatrice du Dernier cri, maison d’édition underground marseillaise*), qui met en scène son dernier ouvrage en date : Un matin avec Mlle Latarte, l’histoire angoissante d’une relation amoureuse abusive racontée avec vivacité et fantaisie. N’évoquer que ces deux auteurs est en vérité assez injuste, tous mériteraient mention. Mais le name dropping a ses limites et, dans le fond, on ne voudrait pas vous gâcher la surprise de la découverte. Mention spéciale, tout de même, au pastiche collectif des cartes Panini dédiées aux coupes de cheveux des footballeurs. C’est pop, loufoque, un rien punk… bref, qu’est-ce que ça fait du bien !

Programmation complète : _www.bd-aix.com

* À voir aussi, jusqu’au 28 avril, l’exposition Mondo DC, rétrospective organisée par le Dernier cri, à la Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin, Marseille 3e

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