« Le Temps de l’écoute » : plaidoyer pour une médecine humaniste

Cinéma  /   /  de Agnès Olive

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Merveilleux, le nouveau film d’Hélène Médigue, Le Temps de l’écoute, vient de sortir ! Après On a 20 ans pour changer le monde, documentaire formidable sur le passage des agriculteurs dits « traditionnels » à l’agriculture biologique, l’actrice-réalisatrice au grand cœur (très connue à Marseille pour son rôle dans Plus belle la Vie) nous offre un petit bijou qui nous parle de la médecine générale, une médecine humaniste centrée sur la personne, une médecine qui prend son temps mais qui, hélas, est en train de disparaître. Dans notre monde où tout va vite, où tout passe par des écrans, le film fait le pari de nous reconnecter à notre humanité. Ça passe par la parole, l’échange, le toucher…

Tout au long du documentaire, on suit le Docteur Raymond Hatuel, généraliste depuis 40 ans à Endoume, vieux quartier marseillais, un médecin qui nous touche par sa simplicité, son empathie et sa gentillesse envers ses patients. Tout est dit dans une phrase du médecin qui se livre à la caméra : « Si on écoute les gens, ils nous le donnent le diagnostic, à travers leurs paroles, vous n’avez pas besoin d’être très savant forcément pour comprendre, simplement écouter »… Ponctué par des entretiens avec d’autres praticiens et étudiants en médecine, le documentaire d’Hélène Médigue est bouleversant de vérité, de justesse, mais il est aussi nécessaire car c’est bien ce temps de l’écoute qui manque cruellement à notre médecine aujourd’hui. En France la désertification médicale en milieu rural est grave mais la pénurie de médecins existe jusque dans les grandes villes. En 2014, par exemple, un seul médecin généraliste s’est installé à Paris intra muros et le dysfonctionnement actuel des urgences en grève depuis des mois est aussi lié à la disparition des médecins généralistes. Quant à ceux qui continuent à exercer, ils sont submergés et certains voient jusqu’à 70 patients par jour… plus aucun temps d’écoute mais des médecins qui prescrivent à tout le monde les mêmes médicaments, ce qui fait bien fonctionner les laboratoires pharmaceutiques, mais ne soigne pas forcément les malades. La disparition de la médecine générale c’est la perte de l’écoute, du dialogue, du geste, du rapport de confiance entre le patient et son médecin… bref c’est la perte de l’humain. Un grand bravo pour ce film dont on sort ému et plus intelligent !

 

Projection mardi 8 octobre au Théâtre Toursky à 21 heures
16 promenade Léo Ferré, Marseille 13e
https://www.toursky.fr/

 

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