Ça va « jazzer » à Sanary ! les 9 et 10 novembre

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Avec la fin de l’été, les festivals de musique ont bouclé leur valise.  Tous ? Non ! En voici un tout nouveau qui s’impose au beau milieu de l’automne : le festival de Jazz de Sanary-sur-Mer avec une participation artistique exceptionnelle pour deux soirées bien prometteuses les 9 et 10 novembre prochains.

WEARE4 se produira en ouverture du festival. Ce quartet est un savant mélange de hip-hop et de jazz. C’est aussi un pari bien audacieux relevé par la rencontre de quatre musiciens et pas des moindres, puisqu’il s’agit d’André Ceccarelli (batterie), de Sly Johnson (chant, beat-box), de Laurent de Wilde (claviers), et de Fifi Chayeb (basse). La richesse musicale qu’ils offrent à leur public transcende leurs univers musicaux respectifs. Et de cette improbable collaboration jaillit l’indéfectible mystère d’une opération artistique plus que réussie.

La présence d’André Ceccarelli, batteur hors-pair, est une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir son style unique. Cet autodidacte a accompagné les plus grands, en débutant avec les Chats sauvages ou encore Claude François, pour ensuite se consacrer au jazz et s’ouvrir à une brillante carrière aux États-Unis aux côtés, entre autres, de Chick Corea. Il signe des collaborations prestigieuses avec notamment Dee Dee Bridgewater dans les années 1990, après avoir accompagné aussi des artistes tels que Michel Jonasz, Michel Berger, Claude Nougaro, Tina Turner, et même Aretha Franklin. Il est à l’affût de tous les projets novateurs.

Sly Johnson, connu comme l’une des plus grandes voix soul de la scène française, donne la réplique aux musiciens, et joue avec le public. Cette figure incontournable du beat-box (ex Saïan Supa Crew) s’amuse dans ce quartet avec des envolées improvisées agréablement contagieuses. Le public réagit à coup sûr, la magie du rythme opère.

Laurent de Wilde, primé aux Victoires du jazz 2018, dans la catégorie « artiste de l’année », s’exprime aux claviers tout en finesse.

Philippe Chayeb, quant à lui, se caractérise par son groove unique, qui a accompagné de grands artistes tels que Michel Legrand, Didier Lockwood ou encore Billy Cobham. Sur scène ils font la part belle à l’improvisation, certes, mais en respectant les thèmes qu’impose le jazz. WEARE4 enchaîne les concerts et reçoit le plébiscite d’un large public. La barre est placée haut et annonce un début de festival d’une grande qualité.

Pour ToutMa, André Ceccarelli répond à nos questions :

TM : Vous avez accompagné les plus grands tout au long de votre carrière, vous adoptez cette fois un style bien singulier, un mélange de jazz et de hip-hop, comment cela vous est-il venu ?
AC : Cela peut paraître improbable, mais comme on a à faire à Sly Johnson, qui est musicien, chanteur, beat-boxer, rappeur, cela a été facile de s’imposer avec Laurent de Wilde et Philippe Chayeb. C’est un mélange de toutes les musiques. Sly est tellement musicien, tellement ouvert, nous n’avons eu aucune difficulté !

TM : On ressent une réelle complicité entre vous et Sly, rythmiquement parlant, cela a-t-il été une évidence dès le départ ?
AC : Oui, c’est incroyable mais il est très fort vocalement et rythmiquement, c’est ce qui a fait notre complicité, et d’ailleurs avec les autres musiciens aussi, et on est complètement ravis.

TM : Avec cette belle carrière, et toutes ces belles rencontres artistiques, éprouvez-vous toujours autant de plaisir à découvrir de nouveaux horizons musicaux ?
AC : Absolument, j’ai de nombreux projets en cours avec des jeunes musiciens, c’est ce qui me fait courir (sourire). Moi je leur apporte une certaine tranquillité, j’ai l’âge que j’ai et l’expérience, mais eux m’apportent leur fougue et finalement, quand je joue, j’ai l’impression d’avoir le même âge qu’eux, ce sont eux qui me portent !

TM : Vous avez votre propre personnalité dans votre jeu à la batterie, les oreilles expertes peuvent vous reconnaître à votre façon de jouer. Au début de votre carrière, qu’est-ce qui a influencé votre style si reconnaissable ?
AC : Bizarrement je dirais que j’ai été plutôt influencé par des photos. À la maison on avait des 33 tours, et je me souviens d’un disque d’Art Blakey (ndlr : batteur et chef d’orchestre de jazz américain). La pochette montrait son visage avec un grand sourire, et je me disais : « C’est ça que je veux être ! » Sinon, j’écoutais bien sûr Sinatra, Ella Fitzgerald… Nat King Cole aussi. Finalement j’ai joué tout de suite avec des orchestres, des groupes, et j’ai développé une certaine façon de jouer, je n’ai pas suivi de cursus, et je n’ai copié personne.

Pour ToutMa, Sly Johnson répond à nos questions :

TM : Vous êtes l’une des plus grandes voix soul de la scène française, avez-vous eu des mentors ? Qu’est-ce qui vous inspire ?
SJ : Il y a des grandes voix qui ont été une source d’inspiration sans aucun doute : Marvin Gaye, Phil Perry, Rachelle Ferrell, Bobby McFerrin, James Brown. Mais je dois citer deux personnes en plus, DJ JP Mano qui, à un moment dans ma carrière de MC au sein du Saïan Supa Crew, m’a ouvert les portes de la soul music et Alain Dubois, un magicien de la voix, qui a su donner de l’ampleur et de la force à ma voix.

TM : Sur scène, que recherchez-vous le plus ?
SJ : Je cherche le plaisir profond, ce plaisir que l’on ressent lorsque l’on se sent connecté à chaque parcelle de son corps, au public autour de nous qui vibre et la musique qui nous élève. C’est ce que je recherche en permanence et WEARE4 me permet d’atteindre cela.

TM : Vous alliez l’identité du jazz à celle du hip-hop, avez-vous un penchant plus marqué pour l’un ou l’autre ? 
 SJ. : Sans le jazz (le rythm & blues, le blues, la soul, le funk) il n’y aurait pas eu de rap (issu de la culture hip-hop). Le rap est mon amour pour la vie ainsi que le jazz. Ces deux styles me procurent autant de joie, ils me font vibrer avec la même force. This is why I call it « hip-jazz ».

Festival de jazz de Sanary-sur-Mer
Les 9 et 10 novembre 2019
– Concert de WEARE4 samedi 9 novembre à 20h30
– Concert de Jairo dimanche 10 Novembre 2019 à 20h30

Au Colombet, 1261 chemin Saint Roch, Sanary-sur-Mer
Billetterie en ligne : www.weezevent.com – Informations : 06 51 55 01 26

 

Propos recueillis par Valérie Guittienne

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