Olivier Baussan, président du Roy René : Fait et cause pour l’amande et la pistache provençales

Entrepreneurs  /   /  de Elsa Galland

 

La floraison des amandiers démarre doucement au mois de janvier. Les premiers pétales sont souvent la promesse d’un printemps toujours attendu. Quand février touche à sa fin, c’est l’explosion. La Provence prend des airs de Japon grâce à une poignée d’agriculteurs et de visionnaires qui œuvrent localement à la relance de la filière des amandes depuis dix ans. À la tête du Roy René et de la Maison Brémond, Olivier Baussan est de ceux-là. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la récolte des amandes fraîches…

Il y a ici (NDLR : au pied de la fabrique de calissons du Roy René) un conservatoire d’amandiers destinés à exposer au public de passage, qui est nombreux, les différentes variétés d’amandiers qui existent autour de la Méditerranée. Nous en avons une vingtaine, c’est déjà pas mal ! Au Roy René, nous utilisons 200 tonnes d’amandes par an pour les calissons et travaillons essentiellement avec l’Espagne. Seulement 10 % des amandes que nous utilisons sont aujourd’hui provençales. Les débouchés locaux existent, si nous pouvions par exemple avoir 40 % d’amandes provençales, ce serait formidable.

Comme pour le plan de relance de l’olivier, porté il y a vingt-cinq ans par André Pinatel et dans lequel j’ai été très impliqué, en ma qualité de fondateur d’Oliviers & Co, nous avons une approche incitative. Nous nous engageons à acheter les amandes au prix du marché et nous aidons les agriculteurs à lever des fonds. Le modèle d’exploitation en agroforesterie est un idéal à atteindre. L’amandier est une belle ressource complémentaire pour le lavandiculteur, notamment depuis les ravages causés par la cicadelle sur les lavandes. Les monocultures ne sont plus souhaitables. »

La fabrique du Roy René développe sa gamme et s’apprête à proposer un nougat aux amandes et pistaches. Ces dernières font donc aussi l’objet d’un plan de relance avec la chambre d’Agriculture du Vaucluse, où la mouche Drosophila suzukii fait des ravages dans les cultures de cerisiers. « Nous en sommes aux balbutiements, nous confie Olivier. Et puis pour l’amande, je vais être très chauvin, il n’y a pas photo. Il suffit de goûter l’amande de Provence. La californienne a déjà pas mal voyagé, elle est dure tandis que la nôtre est savoureuse et tendre ! »

Le Roy René – Musée et boutique
5380 Route d’Avignon (RD7V), Aix-en-Provence
04 42 39 29 89 _www.calisson.com

Photo en Une _ Olivier Baussan et sa fille
Photos d’6amandiers © Camille Moirenc

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