Par hasard à la Vieille Charité, jusqu’au 23 février

Photo / Art  /   /  de Caroline Bouteillé

Avez-vous déjà essayé de conserver de l’eau dans une cage ? On vous imagine déjà : « Franchement, ils ne vont pas bien chez ToutMa, cage ou pas, c’est clair que ça fait un moment qu’on ne parle plus d’eau à ce niveau-là… » Mais réfléchissons-y sérieusement, un liquide dans un contenant qui n’est pas étanche, ça s’écoule, c’est de la physique pure et simple. Il y a des choses qu’on ne peut pas circonscrire, qu’il est impossible d’assigner à résidence sous prétexte que c’est ce cadre-là qu’on leur a choisi. Pour autant, si vous troquez votre cage pour une boîte, ou même une bouteille (ayons l’esprit pratique), vous changez la donne. Aussi capricieux et imprévisible que l’eau, il y a le hasard, concept central de la création artistique du xxe siècle et objet de réflexion que l’exposition « Par hasard » a décidé de mettre en bouteille, millésime 1897-2019. 1897 pour le Coup de dés de Mallarmé qui, loin d’abolir le hasard, l’a mis sur le devant de la scène artistique avec son poème visuel dont la typographie et la mise en pages induisent une lecture en chute libre, à la poursuite d’un roulement de dés. Ajoutez à cela l’avènement de la psychanalyse et de la notion d’inconscient et vous obtenez plusieurs générations d’artistes (à commencer par les surréalistes) qui font du recours à l’aléatoire leur mode de création de prédilection : c’est une tache, l’empreinte d’une chute, un motif naturel qui se meut en paréidolie… 

Ce sont Jean Arp, Breton, Man Ray, PicabiaBrassaï, Dalí, Dubuffet, Jackson Pollock, Niki de Saint Phalle… jusqu’aux artistes contemporains et leurs algorithmes picturaux. Ça en fait des méthodes pour percer le secret de ce phénomène dont les voies sont impénétrables ! À moins que… et c’est là que surgit la notion de sacré (et on rejoint dada). Vous l’aurez compris, l’expo « Par hasard » est en soi un défi intellectuel qui cherche à nous faire saisir l’insaisissable. Sans doute l’événement culturel le plus stimulant du moment !

Vieille Charité 2 rue de la Charité, Marseille 2e
Friche la Belle de mai 41 rue Jobin, Marseille 3e
Billet couplé 2 expositions : 14 €

Photos en Une _Robert Filliou, Eins. Un. One…, 1984 © Marianne Filliou – © Mamco Genève / Ilmari Kalkkinen

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