La Palette du photographe, Jean-Mathieu Saponaro, jusqu’au 28 mars

Photo / Art  /   /  de Caroline Bouteillé

Inventer, c’est souvent être le premier à mettre en rapport deux idées que personne n’avait encore pensé à rapprocher. Parfois, il suffit de télescoper deux univers a priori éloignés, voire incompatibles. Toujours, c’est le fait d’une expérience personnelle et intime mâtinée d’imitations plus ou moins identifiables. 

Jean-Mathieu Saponaro est un jeune photographe martégal qui a nourri sa rétine de nombreux voyages et d’influences plurielles. Il a vécu à Aix-en-Provence, à Paris et à New York, mais sa sensibilité est restée provençale. Une affaire de lumière, une histoire de couleurs… Ses inspirations sont pourtant très évidemment américaines. Il y a chez lui du Robert Frank (le plus américain de tous les Suisses) : dans ses gros plans de bolides, dans son goût pour les diners et les regards lancés à la dérobée, à travers l’encadrement d’une fenêtre ou d’une porte. Il y a aussi du Walker Evans dans son sens de la composition, son jeu sur la typographie et son intérêt pour les bâtiments industriels délabrés, supports de messages publicitaires hors d’âge apposés sur des linéaires de briques bon marché estampillées « Révolution industrielle ». On soupçonne enfin du Philip-Lorca diCorcia dans ses portraits de « gens normaux » et son sens de la lumière (artificielle notamment). Il partage avec ce dernier la couleur qui manque aux deux autres. Et c’est là que la rencontre de deux univers se fait. Diffuse et cinématographique chez l’Américain, la lumière valorise volontiers chez le Provençal des effets color-block puissants et s’invite dans des scénographies balnéaires. Alors, on ne sait plus sur quel continent on se situe. On cherche des indices de lecture sur la poupe d’un bateau, sur une publicité dans un coin de l’image ou sur le logotype d’une voiture américaine rutilante (forcément !)… Une seule chose est certaine, dans cette palette chromatique, on est bien chez Saponaro. 

Et chez lui, entre début février et fin mars, ce sera à Aix-en-Provence, pour une exposition organisée par l’association Fontaine Obscure à laquelle on vous recommande plus que vivement d’aller jeter un œil !

Fontaine obscure – espace photographique
24 avenue Henri-Poncet, Aix-en-Provence
Du mardi au vendredi de 14h à 18h ; le samedi de 10h à 12h  www.fontaine-obscure.com  sur facebook : @LaFontaineObscure
www.jmsaponaro.com  sur instagram : @jm.saponaro

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