Thomas Scimeca, la Révélation 

Célébrités  /   /  de Céline Bouchard

 

Les « révélations »… Thomas Scimeca fait partie des vingt comédiens sélectionnés cette année dans cette catégorie prometteuse de l’Académie des César, pour son rôle dans Bêtes blondes, un personnage un peu « perché », un genre qu’il affectionne, à la fois burlesque et tendre. Il est aussi à l’affiche du dernier film de Valérie Donzelli, Notre dame, à la fois comédie populaire et film d’auteur (sorti en décembre 2019). Bref, un acteur étonnant, facile et subtil, qui commence à faire parler de lui. Une révélation, on vous dit…

ToutMa : Comment décide-t-on de devenir acteur ?

Thomas Scimeca : Je ne voulais pas du tout être acteur au départ. Je voulais être pianiste de jazz. J’avais quelques bases classiques, puis j’ai travaillé avec Roger Ménillo, grande figure marseillaise du jazz. Ensuite je suis « monté » à Paris pour continuer dans une autre école de musique, mais comme j’avais déjà débuté le théâtre à Marseille dans la  troupe amateur de Ladislas Chollat, je me suis inscrit, en parallèle, au concours du Conservatoire national de Paris et j’ai été reçu. Je pressentais une limite presque physique à une carrière de musicien que je ne ressentais pas au théâtre…

TM : Le théâtre est-il la formation indispensable ?

TS : Je ne dirais pas cela, car il y a plein de possibles pour devenir acteur. On peut être repéré en casting sauvage, comme Romain Duris, et devenir un grand acteur. Moi, j’ai choisi le théâtre car le cinéma me semblait inaccessible sans formation. Mon entourage m’y a souvent poussé, ma mère notamment, mais ce n’était pas une évidence pour moi au départ. Et comme je m’y suis tout de suite senti plus libre, plus à l’aise qu’en musique, comme un poisson dans l’eau même, j’ai eu envie de devenir comédien.

TM : On te classe souvent dans un registre « improvisation et humour décalé »…

TS : Comme deux choses qui vont ensemble ? Déjà, je trouve que « décalé » est un mot un peu galvaudé. On le voit partout, sur les affiches de cinéma en particulier. Dans Les Chiens de Navarre, j’ai fait de l’improvisation et à force de nourrir ces répétitions d’impros cela devient des textes que l’on pourrait presque publier au mot près. L’astuce, c’est de ne pas le faire, ne surtout rien inscrire, pour garder le sentiment qu’on est en « danger », sur un fil, que ca sort de notre inconscient… Pour le public comme pour les acteurs, c’est jubilatoire. C’est un peu psychanalytique comme méthode de travail (rires).

TM : Quel film dans ta carrière considères-tu comme notable ?

TS : C’est un peu facile mais je dirais Notre dame car c’est un type de rôle où l’on n’a pas l’habitude de me voir. Ça me change des personnages juvéniles, des trentenaires adolescents. Valérie a vu en moi un père potentiel, même s’il est un peu à la ramasse avec sa vie professionnelle et les responsabilités… C’est encore une sorte de loser, même après avoir passé dix ans avec sa femme et ses deux enfants ! Il est dans l’inaction, toujours figé, comme paralysé dans sa vie. C’est drôle et en même temps tragique. 

TM : Et Marseille, quid de ta relation avec ta ville d’adoption ?

TS : Je ne suis pas né ici, mais j’y suis arrivé à 2 ans donc je me sens marseillais. Mes parents vivent toujours vers Malmousque. Je reviens régulièrement. On part très tôt le matin, sur notre petit bateau, avec mon père et mon frère, pour des parties de pêche, surtout aux calamars. Et on adore voir se lever le soleil au-dessus du stade Vélodrome. Évidemment il y a l’OM ! J’y ai même joué en pupille. Adolescent, j’ai vécu les années fastes avec la coupe en 1993, la grande époque Tapie Sinon, j’aime aller au bar La Grande Terrasse sur la Corniche, pour son karaoké légendaire et l’ambiance des soirs de match, écouter le groupe marseillais Loo & Monetti quand ils se produisent, faire du Hobie Cat au Pacific Palissades, monter la Gineste en vélo presque aussi vite que quand j’avais 20 ans…

Ses projets en 2020 

——– Théâtre

En avril : Jamais labour n’est trop profond, metteur en scène et co-auteur avec sa propre troupe au théâtre Nanterre-Amandiers.

En octobre : Le Royaume des animaux de Roland Schimmelpfenig mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier au théâtre du Gymnase à Marseille.

——– Cinéma 

– En juin : tournage du second long-métrage de Jean-Christophe Meurisse avec Galatéa Bellugi, Catherine Frot et Olivier Saladin

– Cet été : tournage entre Marseille et la Côte Bleue du film Les Petits Chevaux de Tarquinia de Matthieu Rozé, rôle principal avec Élodie Bouchez.

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