Expédition Gombessa, confessions de la Grande Bleue

Ecologie  /   /  de Caroline Bouteillé

Du Monde du silence au Silence de la mer, on a retenu à tort l’idée d’un mutisme marin, comme si on avait décrété que les profondeurs insondables de la mer et des océans étaient aphones, faute de pouvoir les écouter. C’est ce qu’on appelle un biais cognitif. Mais ce n’est pas parce qu’on n’entend pas qu’il n’y a rien à écouter ! La mer a tant et tant de secrets à nous livrer si on est capable d’y prêter l’oreille… Et c’est justement ce qu’ont fait Antonin Guilbert, Laurent Ballesta, Thibault Rauby et Yanick Gentil, les plongeurs de l’expédition Gombessa, au large de nos côtes, entre Marseille et Monaco.

Dans un module de vie pressurisé de 5 m2, ils ont vécu une aventure de confinement inédite de 28 jours, expérimentant une technique de plongée sous-marine novatrice : la plongée à saturation en recycleur électronique. Cette prouesse technique, qui autorise des sorties significativement plus longues qu’avec des bouteilles classiques (plusieurs heures d’autonomie) et à de grandes profondeurs, leur a permis de procéder à des observations et des relevés scientifiques tout simplement propres à révolutionner l’océanologie.

Les premiers résultats de leurs travaux commencent à être publiés, 8 mois après ce confinement de l’extrême, dont on ne doute pas qu’il était plus savoureux que le nôtre ! Alors, qu’est-ce que ça donne ? Eh bien, ils ont pu observer et capter une trentaine de comportements animaux inédits en milieux naturels (barbiers perroquets, murènes, calmars…), récolter des mesures biologiques extrêmement pointues qui nous renseignent mieux que toute autre donnée sur l’état de santé de la Méditerranée face aux fléaux de la pollution et du réchauffement climatique, observer le regroupement de poissons, par ailleurs décimés, dans des zones interdites à la pêche… bref, une foultitude de connaissances plus passionnantes les unes que les autres et qui devraient nous permettre de mieux comprendre, mais aussi de mieux respecter ce joyaux naturel qu’est la Grande Bleue.

Et parce que le respect ne vient qu’avec le partage de la connaissance, Arte devrait diffuser sous peu un film de 90 minutes retraçant cette magnifique épopée sous-marine dont les premières images, mélange de poésie et de génie scientifique, nous donnent envie de nous replonger dans les romans de Jules Verne

 

Vous aimerez aussi

La vitamine C est très conseillée mais également la spiruline, cette algue qui renforce les...

Lorsqu’on parle d’océanologie, on pense de prime abord au grand musée océanographique de Monaco,...

C’est au canal de Marseille que l’on doit la modernisation de l’infrastructure hydraulique de la...