Saviez-vous que Marseille ne fut rattachée au royaume de France qu’en 1541 ? Qu’elle résista victorieusement au siège entrepris par le Connétable de Bourbon (allié de Charles-Quint) en 1524 ? Que la...

Archives Municipales

Saviez-vous que Marseille ne fut rattachée au royaume de France qu’en 1541 ? Qu’elle résista victorieusement au siège entrepris par le Connétable de Bourbon (allié de Charles-Quint) en 1524 ? Que la ville battît sa propre monnaie jusqu’en 1549 ? Qu’elle accueillît en grandes pompes François 1er et Charles IX ? Qu’Henri II – futur roi de France – et Catherine de Médicis s’y marièrent en 1533 ? Qu’elle connût une épidémie meurtrière de peste en 1580 ? Qu’elle fût, durant cinq années (1591-1596) une république ultra-catholique sous la houlette de Charles de Caseaulx ?

Ce sont là quelques évènements qui composent la trame historiographique de « Marseille au XVIeme siècle », la belle exposition que proposent actuellement les Archives Départementales. Conçue par Sylvie Clair (qui a également signé le texte de la brochure de présentation), elle complète l’exposition « Marseille au Moyen-Âge » présentée dans ces mêmes lieux voici deux ans. Tout au long d’un parcours riche de nombreux documents et objets d’époque (lettres patentes, manuscrits, cartes, gravures,  monnaies, armes), elle nous entraine à la découverte d’une ville alors en plein essor. Port de guerre – une trentaine de galères y stationnaient en permanence -, Marseille n’en affirme pas moins sa vocation au négoce. Les premiers armateurs font leur apparition : Thomas Lenche qui fonde, en 1533, la Compagnie du Corail (et dont une place porte aujourd’hui le nom) ; Madeleine Lartassuti, première femme armateur dont les vaisseaux ravitailleront les Marseillais assiégés en 1524. Malgré tout, la ville tarde à s’industrialiser et les arts restent à la porte durant ce siècle. Et quoiqu’elle triple quasiment sa population au cours de cette période, quoiqu’elle possède une organisation politique très élaborée, elle n’en reste pas moins hostile aux idées nouvelles, en particulier au Protestantisme. On comprend mieux ainsi la mainmise momentanée sur la cité d’un ligueur comme Caseaulx. Par une ironie plus ou moins calculée, son portrait voisine ici avec celui de Pierre Bayon dit Libertat qui l’assassina en février 1596.  Il faut voir cette exposition qui nous rappelle que Marseille fut alors une pièce stratégique dans la construction de l’état monarchique. Même si on peut regretter la brièveté de cet instructif parcours.

Jusqu’au 24 novembre 2012. 10, rue Clovis Hugues, 13003, Marseille.