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Roland Carta, Bâtisseur du Génie Marseillais

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Du Silo au projet encore en cours de Mucem / Fort Saint-Jean, du Musée d’Histoire à la réhabilitation des Quais d’Arenc, Roland Carta sait se servir du passé pour construire nos lendemains.

 

ToutMa : MP 2013 est-elle pour vous un tournant majeur avec la réalisation de vos projets phares ? Cet évènement était-il indispensable à votre épanouissement professionnel dans notre ville ?

Roland Carta : Tous ces projets ont leurs origines avant MP 2013. Le temps de mon travail est différent de celui des évènements, mais sans celui-ci, il est probable que le Mucem n’aurait jamais vu le jour. Mon épanouissement professionnel a commencé le 3 juin 1951. Je n’ai aucune information sur sa date de fin.

 

TM : Comment travaille-t-on sur un projet en collaboration avec d’autres architectes, surtout lorsque l’on vient d’horizons différents ? Fort Saint-Jean et Mucem avec Rudy Ricciotti, Silo avec Eric Castaldi, les Quais d’Arenc avec Yves Lion, Jean Nouvel et Jean-Baptiste Pietri… ?

RC : Rudy est un ami… ce que n’est pas Castaldi. Nouvel, Lion, Jean-Baptiste et moi ont été réunis par Marc Pietri, un ami lui aussi. Un projet partagé, c’est comme un mariage… Il faut du plaisir et du courage.

 

TM : Nombre de vos projets se situent dans le périmètre Euroméditerranée… Combien de temps faudra-t-il, selon vous, pour que les Marseillais prennent conscience de l’évolution de ce quartier historique ? Croyez-vous en l’hégémonie future de ce nouveau quartier sur le centre-ville actuel ?

RC : La conscience urbaine raisonnée existe-t-elle ici ? Enfin, le Silo est un succès, l’hôpital et le Mucem se terminent, ce sont de bons signes. La Marseille que j’aime est Une et ceux qui engagent des combats de leadership entre quartiers sont les artisans de son déclin.

 

TM : Décrivez-nous les liens qui unissent le Mucem et le Fort Saint-Jean ?

RC : C’est la même chose. Le Mucem c’est le Fort et le J4 réunis par un pont vertigineux. C’est le dense et le gracile, les racines et les ailes, les jardins et la mer, le rose et le noir.

 

TM : Quelle est, selon vous, la signature « Roland Carta » ?

RC : Mes bâtiments répondent pour moi.

 

TM : Quelle importance accordez-vous aux réseaux sociaux dans votre métier ?

RC : Ces médias ne me sont devenus familiers que très récemment et l’utilisation intensive que j’en fais agace mon entourage. Mais la possibilité, en un clic, de partager ses humeurs, ses émotions et son travail avec la multitude est aussi formidable que dangereuse.

 

TM : « ToutMa a l’œil sur tout » et sait que « C+T Architectes » devient « Carta-Associés ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

RC : C+T c’est un épisode de ma vie. Cet épisode est clos. Carta-Associés c’est un nouveau chapitre. Stéphan Bernard en écrit le premier paragraphe. D’autres viendront. à un certain moment, il faut songer à transmettre. La vraie générosité envers l’avenir, c’est de tout donner au présent.

 

TM : Vous avez 35 collaborateurs et un associé… Comment gère-t-on cette armée d’architectes? Quelles sont les spécialités de votre cabinet ?

RC : En partageant avec eux le goût de « faire » et en les dirigeant avec constance, netteté et clarté. La hiérarchie est aussi nécessaire que l’autonomie, l’expérience autant que la jeunesse. Notre cabinet n’a pas de spécialité. Je n’ai jamais voulu m’enfermer dans une routine. J’aime trop les rencontres qu’offre ce métier quand on le pratique totalement.

 

TM : Quel est le projet qui requiert le plus de compétences techniques ? Réhabiliter un bâtiment du 12ème siècle, créer une salle de spectacle dans un bâtiment classé, ou encore construire l’Hôpital Européen de Marseille (Fondation Ambroise Paré…) ?

RC : Ce métier requiert la capacité morale et pas seulement technique, de passer du détail au global, de l’homme à la machine, de la politique à l’esthétique, de l’histoire à l’anticipation et de le faire sans cesse, chaque jour, chaque semaine, chaque mois. La ténacité c’est le secret.

 

TM : On sait que vous êtes à l’origine du Musée d’Histoire de Marseille (Centre Bourse)… Qu’est-ce qui vous émeut le plus dans l’histoire de notre ville ? Parvenez-vous à retranscrire cette émotion  dans vos réalisations ?

RC : Travailler sur l’histoire de Marseille c’est une responsabilité terrible. En faire le musée c’est mettre en scène sa violence, son génie, ses contradictions, ses métamorphoses. Alors mieux vaut ne pas trop céder à ses émotions tant l’identité de cette ville est forte et peut vous mettre au tapis. C’est la vigilance qui est convoquée à chaque instant.

 

TM : Paris regorge de Musées. Notre ville a-t-elle selon vous une carence dans ce domaine ?

RC : Paris regorge de tout et nous manquons de beaucoup de choses. Ça ne semble émouvoir personne. Mais s’ils ont les musées, ici on a les talents des arts vivants, celui des minorités créatives qui préparent le futur.

 

TM : 2013 est là et les travaux en cours sont loin d’être terminés… Quelles incidences sur le déroulement des nombreuses animations culturelles ?

RC : Je n’en pense rien et on verra bien. Le vrai courage c’est de s’accepter tel que nous sommes.

 

TM : Quel serait pour vous le projet architectural le plus fou pour que Marseille soit définitivement une ville incontournable? (même si le projet est totalement hypothétique) ?

RC : Refaire de La Canebière « Le fleuve de mirage et de soleil »* de Louis Brauquier.

*extrait du poème « Coup de soleil » de Louis Brauquier.

 

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