Arles : Rodin ou la lumière de l’antique

Photo / Art  /   /  de Jacques Lucchesi

Quoique Arles soit depuis longtemps ouverte à la modernité artistique – ses rencontres de photographie, chaque été, ont acquis une dimension internationale -, elle n’en assume pas moins l’héritage de sa romanité à travers maints vestiges urbains soigneusement préservés. Précisément, le musée départemental de l’Arles antique est le garant, depuis 1995, de cette présence du passé dans son actualité. Convier l’œuvre de Rodin (1840-1917) dans cette enclave où art et histoire dialoguent sans cesse n’était finalement qu’une question de temporalité. Car la statuaire du maître de Meudon n’est-elle pas, à sa façon, une méditation et un hommage à l’apport – décisif – de la Grèce classique ? En outre, très peu d’artistes, comme lui, sont devenus emblématiques de leur art dans la sensibilité collective. Et organiser, à Paris ou en province, une exposition, même limitée, de ses œuvres est à peu près assuré du succès. C’est le choix fait par Pascale Picard, commissaire de l’exposition (avec le soutien du Conseil Général), en cette année qui met à l’honneur toutes les formes de culture dans notre département. En l’occurrence, 250 œuvres de Rodin ont été rassemblées sur un parcours de 800 M2. Quatre salles en enfilade, c’est bien mais c’est peu ; on en aurait souhaité le triple pour cette instructive redécouverte. Ces œuvres-là viennent de différents musées français et étrangers (comme le Louvre et le British Museum) mais surtout, pour la plupart, du Musée Rodin de Meudon. Le sculpteur fut très tôt un collectionneur passionné d’objets antiques – il en possèdera jusqu’à deux mille. Une dimension de l’artiste que met en avant cette exposition ouvertement comparatiste. Elle est aussi, pour le public, l’occasion exceptionnelle de voir in situ des chefs-d’œuvre comme « Le Penseur », « L’homme qui marche » ou « Le monument à Victor Hugo ». Tout en tenant compte que, comme pour toutes les sculptures célèbres, ce sont des tirages (limités) en bronze ou en plâtre d’après l’original. On appréciera aussi, dans l’avant dernière étape, les nombreux dessins – tous inspirés de figures antiques – que réalisa le jeune Rodin dans ses années d’apprentissage passées au Louvre. La peinture était, en effet, sa vocation initiale et l’on se prend à se demander ce qu’il aurait produit dans cet art à deux dimensions si, par manque d’argent, il n’y avait renoncé pour se tourner vers la sculpture.

Un digne retour à Arles du vieux maître, tel qu’en lui-même. Lui qui, de son vivant, s’était passionné pour cette cité si singulière.

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