Musée Longchamp : de Van Gogh à Bonnard

Photo / Art  /   /  de Jacques Lucchesi

Une réouverture très attendue que celle du musée des beaux-arts Longchamp. Car depuis 2005, il était, lui aussi, fermé au public pour d’interminables travaux de réfection. « De Van Gogh à Bonnard » : tel est donc le fil directeur de cette exposition inaugurale, conçue par Marie-Paule Vial, que l’on peut voir depuis le 13 juin dernier. Organisé dans le cadre du Grand Atelier du Midi, elle constitue le pendant marseillais de l’exposition aixoise « de Cézanne à Matisse », au musée Granet. Concrètement, elle se déploie sur deux niveaux et revient, à travers de nombreux tableaux et quelques sculptures, sur cette fascination des artistes pour la lumière méridionale, au tournant du XXeme siècle. Si Van Gogh fait ainsi figure de précurseur, il n’est ici que la clé de sol pour aborder cette période, avec seulement quatre tableaux exposés (dont « La chambre », 1889). La visite se poursuit – sans grand souci chronologique – avec des toiles de Gauguin, Cézanne, Renoir et Monet, mais aussi Bacon et Viallat. Car l’important, c’est la couleur. Dans la foulée on découvre, parmi les œuvres élégantes de Signac, Cross, Valtat ou Van Risselberghe, un petit tableau de Picabia, adepte du Divisionnisme à ses débuts. Une autre étape – mais tout s’enchaine sans réelle césure – est constituée par les rapports entre Manguin, Camoin et Marquet, chantres des beautés de la Côte d’Azur. Quant à Matisse, il ira, tout comme Derain en cet été 1905, poser son chevalet à Collioure, sur la côte basque. Le Fauvisme sera aussi le point de départ pour Dufy, Braque et Friesz qui évolueront ensuite vers des approches plus constructivistes, ce que nous rappellent maintes vues de l’Estaque.  La salle du rez-de-chaussée – qui est ici la fin du parcours – fait la part belle aux scènes de bain plus ou moins mythologiques avec les toiles de Maillol, Valtat, Manguin et Van Risselberghe. Il est à noter que Renoir y est singulièrement absent, quoique présent, un peu plus loin, avec une sculpture, « Vénus Victrix ». Bien davantage que les deux Picasso ou les « Intérieurs » bien connus de Matisse, la surprise vient ici des vues du Midi peintes par Soutine, notamment ce gondolant « Paysage de Cagnes » (1923), aux antipodes des espaces quasi géométrisés de Vallotton. Apologiste de la lumière, Bonnard ferme royalement la marche avec sept tableaux dont le vaste « Eté » (1917). Des diaporamas et une librairie complètent  cette exposition, certes agréable mais sans réelle originalité. Quant aux collections du musée – manque d’espace oblige -, il faudra attendre encore un peu pour les revoir sur leurs cimaises.

Du 13 juin au 13 octobre. Prix d’entrée : 11 euros. Tel : 04 91 14 59 18. Tous renseignements sur le site : www.marseille.fr

 

 

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