Corine, fille de notre région

Célébrités  /   /  de Julie Mandruzzato

 

Corine est un phénomène fugitif qui vient tout juste d’être identifié. Une soucoupe vocale, une lionne peroxydée dans le safari du milieu artistique. Un humour qui donne chaud parce qu’il a beaucoup de degrés : la chanteuse s’est créé un personnage et elle fait ce qui lui plaît.

Défibrillateur sur le disco  

Un humour qui donne chaud parce qu’il a beaucoup de degrés…

Elle alterne les teintes de son rouge à lèvres comme autant de facettes d’une boule de disco. Rouge, rosé, nuances orange. La chanteuse a dans la bouche une « pop disco sucrée-salée ». Univers décalé, allure érotique et irisée, Corine a su nous faire ravaler nos vieux morceaux de nostalgie. Ses influences ? Ces tubes qui nous dégoulinaient dans les oreilles au début des années 1980, tels ceux de Niagara ou encore des Rita Mitsouko, avec des sonorités électroniques et funk à la Giorgio Moroder. Associée aux producteurs Marc Collin et Dorion Fiszel, c’est il y a deux ans environ qu’elle a lancé son premier coup de défibrillateur avec Pourquoi pourquoi, un titre léger qui précède les chansons Cocktail, en duo avec Juliette Armanet ou encore Pluie fine, remixé par Polo & Pan. Compilation aux morceaux régressifs, son premier album, Un air de fête, ne laisse personne indifférent, tant du fait de l’onirisme décapant de ses clips vidéo que grâce à un humour aussi grisant et franc du collier qu’une bonne bouteille de whisky. « Tout est à prendre au dixième degré. » Un cru léger et pétillant, la chanteuse a d’ailleurs été invitée à monter sur scène lors du cinquantième anniversaire de la maison Sonia Rykiel en janvier dernier.

Le jeu du masque

Pourtant, sous l’acmé capillaire de la chanteuse (coupe de cheveux élaborée avec l’aide de Gérald Portenart, le coiffeur de Matthieu Chedid, on s’en serait douté…) se cache un personnage plutôt pragmatique. Aurore Imbert, de son vrai nom, a grandi à Rognes, près d’Aix-en-Provence. Ayant commencé le théâtre dès l’enfance, la jeune femme est montée comme tant d’autres à Paris, à 19 ans, pour jouer la comédie. Fille le jour, héroïne la nuit, elle travaille comme caissière à la Fnac et chante le soir, dans des cabarets, ses petites chansons, reprenant notamment des titres de Bourvil et de Serge Reggiani. Peu à peu elle s’émancipera pour devenir la chanteuse « Dawn », un pseudonyme sous lequel elle sort un album aux influences rock indé dans un univers visuel plutôt lynchéen, avant de devenir la Corine que l’on connaît aujourd’hui. De la mise en scène au costume, la jeune femme réfléchit à tout et joue à nous perdre dans les dédales de son identité. Serait-ce au sol l’ombre d’un produit marketing, suspendu au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès ? Que l’on se rassure : « S’adresser aux gens de manière piquante, ça les marque mais il y a un degré de transparence entre mon personnage et moi-même : c’est la musique, explique Corine. Je n’ai pas l’impression de mentir du tout. Je m’amuse beaucoup et c’est quelque chose qui me porte, qui m’inspire vraiment. » Corine, c’est toutes les femmes : un personnage extravagant, mais surtout bien terrestre. 

CORINE en concert le 1er mars
ESPACE JULIEN
39 cours Julien, Marseille 6e

sur instagram : @corine_fille_de_ta_region/
sur facebook : @corinefilledetaregion

PHOTOS _Shelby Duncan

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