Saint-Barnabé : l’âme villageoise, le cœur commerçant

Histoire  /   /  de Romain Bony Cisternes

Si le Jarret, célèbre artère marseillaise, la gare de la Blancarde ou encore les Cinq-Avenues ne sont guère loin, Saint-Barnabé, l’un des 111 quartiers de Marseille, n’a rien perdu, ni de son âme villageoise, ni de sa situation privilégiée, entre centre-ville et campagne des hauteurs de la cité phocéenne.  L’arrivée du métro, étendu depuis la Timone en 2010, n’y a rien changé (ou presque). Si le quartier-village est désormais à une poignée de stations des carrefours stratégiques de la ville, il a su conserver sa sérénité tout en poursuivant un développement économique dynamique, rendu possible par son tissu commercial bicentenaire et par l’attractivité de sa qualité de vie. Mélange de tradition et de modernité, ce quartier du 12e arrondissement s’illustre par son caractère atypique et ses spécificités, que bien d’autres quartiers de la ville pourraient lui envier. 

Saint-Barnabé a fêté avec panache ses 800 ans d’existence en 2016. Les premières traces écrites mentionnant le village apparaissent, en effet, sur des registres paroissiaux de l’année 1216. À l’époque, le quartier était connu sous le nom de « Fons » ou de « Vallus-des-Paizacs », avant de devenir, au xve siècle, « Fons des Paiarts » (une référence à la culture du blé). Ce n’est que le 17 décembre 1492, à l’heure où Colomb découvrait l’Amérique, qu’un notaire bienfaiteur du nom de Barnabé Capel racheta une ferme du village qui devint, en son honneur, Saint-Barnabé. On prête pourtant au quartier des origines bien plus lointaines étant donné que des fouilles effectuées aux alentours ont permis de découvrir des vestiges d’occupation des Liguriens, datés du vie siècle avant J.-C., ainsi que des tombes romaines datant du iie siècle avant notre ère.

L’assise historique de Saint-Barnabé ne s’est pas démentie jusqu’à nos jours, puisque le quartier conserve, par-delà une inéluctable modernisation, quelques vestiges de sa longue traversée du temps : l’église, de style néogrec, construite en 1845 par l’architecte Pascal Coste, son château, construit au xviiie siècle et ayant hébergé des noms célèbres, comme la régente d’Espagne ou encore Lamartine, et son calvaire, aujourd’hui masqué par le monument aux morts de La Croix. 

Ces vestiges se mêlent désormais à un entrelacs de rues, parfois sinueuses mais toujours animées, où se niche le véritable cœur commerçant du village. À l’heure où les cœurs villageois de Marseille perdent, peu à peu, leur âme commerçante et leur animation au profit de grands complexes commerciaux situés en périphérie de la ville (c’est le cas de Mazargues, par exemple), Saint-Barnabé s’illustre comme un rempart contre l’atrophie de la nature profondément villageoise des quartiers marseillais. 

Outre une diversité commerciale remarquable, le village rayonne par la qualité de son vivre-ensemble et par l’existence d’une vie de quartier dynamique (le CIQ, comité d’intérêt de quartier, de Saint-Barnabé est le plus ancien de la ville), ponctuée d’événements à destination de tous. Vous pourrez, dans quelques semaines, le vérifier par vous-mêmes en déambulant dans un décor lumineux, offert par les rues commerçantes, spécialement dédié aux fêtes de Noël : un remède assuré contre la morosité…

Saint-Barnabé a le visage résolument tourné vers l’avenir et entend bien promouvoir ses singularités parmi le concert des quartiers de Marseille. Les initiatives se multiplient, résultat du travail remarquable mené par les tenants d’un tissu associatif aussi dynamique que son cœur commerçant. Le quartier aura bientôt un nouveau visage qui complétera son intégration au schéma directeur des transports de la Ville. De quoi attirer, à coup sûr, de nouveaux arrivants. 

Pour tout savoir sur le cœur commerçant du village :
www.saintbarnabecommerces.com
sur facebook : saintbarnabe_commerces

1 heure de parking souterrain (parking Carrefour Market) offerte pour votre shopping dans les rues commerçantes du village

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