Jean Charles Verchère ou quand la danse se fait flasher

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Jeudi 14 juin 2012 : Jean Charles Verchère expose ses travaux chez Pain & Compagnie, Place aux Huiles, dans le cadre de Mouv’Art. Des photos prises sur l’instant, spontanéité chorégraphique que Jean Charles réussit à mettre en avant grâce à ses magnifiques clichés. Silvina Cortès, danseuse Argentine, nous fait l’honneur de sa présence et performe sous les yeux ébahis des spectateurs… Plongeons dans l’univers de la danse…

ToutMa : Tu es très lié à la danse à travers ton travail photographique, tu peux nous expliquer… Comment es-tu arrivé à la photographie ?
Jean Charles Verchère : Ma première passion et mon premier métier ont été La Danse. J’ai eu la chance de travailler avec Monsieur Roland Petit et j’ai dansé dans sa compagnie le Ballet National de Marseille Roland Petit en tant que danseur principal pendant de nombreuses années. il m’a beaucoup appris, c’était un homme de grand talent. Il savait comme personne traiter le ballet narratif. C’était un homme de spectacle dans le sens le plus noble du terme maîtrisant aussi bien la légèreté et les paillettes du music hall que les constructions et la profondeur de l’âme humaine. Travailler à ses côtés m’a aidé à me construire. Je suis toujours intéressé à l’image. J’ai acheté mon premier boitier à 20 ans, c’était un Canon A1 ! Pour moi la photo de danse a été une évidence car elle réunissait les deux passions : le mouvement et l’image.

Photographe depuis quand ?
Naturellement à la fin de ma carrière de danseur, la photographie est devenue mon activité principale. Il y a 10 ans de celà.

Quelle est ta démarche en photographie ? Pourquoi photographier un ballet plutôt qu’un autre ? Ou ce danseur plutôt qu’un autre ?
Je n’ai pas vraiment la démarche de choisir un ballet. Ce qui m’intéresse d’essayer de saisir une émotion, un sentiment, un mouvement qui vit et raconte par lui-même… Bien sûr certains danseurs attirent l’objectif et ça c’est le talent… ça ne s’explique pas ! Les photos sont prises sur l’instant, je ne les recadre pas ensuite.

Tu utilises quel type de matériel ?
Actuellement j’utilise deux boitiers : un Canon EOS 1D Mark III et un EOS 1D Mark IV avec un 24-70 f2.8 et un 70-200 f2.8

Parle nous de Silvina Cortès…
C’est ma compagne qui m’a présenté Silvina. Elle est danseuse en Argentine et reconnue dans son pays. Elle a reçu de nombreuses distinctions. Elle est installée en Europe depuis quelques années et a travaillé dans plusieurs compagnies prestigieuses. Elle collabore actuellement avec Russel Maliphant à Londres et en parallèle développe un travail plus personnel avec son propre groupe de danseurs. Elle aime aussi se confronter à des endroits qui ne sont pas forcément réservés à la danse comme la rue, les musées, laissant la place à l’imprévu. Cette démarche m’intéresse et c’est pourquoi je lui ai proposé de faire une performance pour le vernissage de mon expo.

Tes projets ?
Je commence actuellement un travail sur le corps nu en mouvement. Ce travail n’est pas dans le cadre de photos de spectacle car ce projet implique que je sois le « metteur en scène » de chaque prise. Ce qui m’intéresse c’est de créer un univers, trouver le bon angle, la bonne lumière mais aussi construire un rapport de confiance avec le danseur encore plus fragilisé par sa nudité. En parallèle, je suis en train de filmer un documentaire sur toutes les étapes d’une créations de Christophe Garcia. Je travaille également à la réalisation de petits courts métrages, de courtes pièces chorégraphiques de jeunes chorégraphes dans un contexte urbain ou dans la nature. Ce ne sont pas les projets qui manquent juste parfois les moyens financiers nécessaires…

Pour ceux qui n’ont pas pu venir sachez que l’expo est visible jusqu’au 31 juillet à la Eat Gallery.
Pain&Compagnie
_18 places aux Huiles, Marseille 1er

Interview et photos : John Noa

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