Festival international du film d’Aubagne – dématérialisé, du 30 mars au 4 avril

Cinéma  /   /  de Caroline Bouteillé

 

Pour certains, le plus dur avec le confinement, c’est l’interdiction de sortir boire un café en terrasse (ou tout autre substance à consommer, bien entendu, avec modération). Pour d’autres, qui sont peut-être moins nombreux mais qui comptent aussi, le cauchemar, c’est la fermeture des cinémas et des théâtres. Oh, on ne manque pourtant pas de séries et autres films à « binge-watcher » salement dans son canapé, d’ailleurs, on n’est pas loin de l’overdose, mais le charme du cinéma, c’est la sortie, c’est le rendez-vous, c’est le sentiment de la communauté quand on va voir ensemble, à la même heure, le même film, quand bien même les autres spectateurs ne sont que les ombres furtives des retardataires qui passent, tête basse, entre les rangées de fauteuils pour se trouver une bonne place. Le genre de désagrément qu’on relativise aujourd’hui…

De ce point de vue-là, on ne peut que saluer l’initiative du Festival international du film d’Aubagne Music & Cinema qui, contre vents et marées, fait le pari fou de maintenir son édition 2020 sous la forme d’un festival dématérialisé. Pour accéder gratuitement aux films de la programmation en VOD (video on demand) et connaître leur date de sortie online, il suffit de se créer un compte sur le site du festival.

Ce sera l’occasion de découvrir, si vous l’avez manqué l’année dernière en salles, le magnifique film de Mounia Meddour, Papicha (César 2020 du meilleur premier film), qui raconte comment Nedjma (Lyna Khoudri, César du meilleur espoir féminin), étudiante algéroise pendant la décennie noire, décide d’affirmer sa liberté en organisant un défilé de mode à l’université, bravant ainsi tous les interdits, religieux et puritains, d’un pays qui sombre peu à peu dans la guerre civile.

En compétition, Kuessipan de Myriam Verreault s’intéressera à l’histoire de deux jeunes femmes innues (peuple autochtone du Québec) dont l’amitié est mise à rude épreuve lorsque l’une d’entre elles, tombée amoureuse d’un blanc, envisage de quitter la réserve ; Gold, du néerlandais Rogier Hesp, suivra l’itinéraire d’un gymnaste en quête d’or olympique ; et Take Me Somewhere Nice (Ena Sendijaverić), nous fera voyager des Pays Bas à la Bosnie dans un road movie intimiste dans lequel Alma s’embarque, avec un ami et un cousin, à la recherche de son père qu’elle n’a jamais vu. De quoi voyager largement au-delà du kilomètre autorisé !

La compétition (longs métrages et courts métrages) est donc maintenue, tout comme les rencontres professionnelles, qui feront quant à elles l’objet d’une expérimentation en visioconférence. Et pour tenir le coup d’ici là, en partenariat avec les Films d’Avalon, le Festival d’Aubagne met en ligne tous les jours à 12h un nouveau court métrage spécial « confinement et bonne humeur » avec Les courts qui rendent heureux (https://vimeo.com/lcqrh). Allez, parce qu’en ces temps troublés l’occasion ne se présentera pas tous les jours, on prend rendez-vous !

Programmation et inscriptions :
https://festival2020.aubagne-filmfest.fr/fr/

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