Patricia Vigerie Monnier, le goût des mots

Vos portraits  /   /  de Agnès Olive

Pour ToutMa, Agnès OLIVE, écrivaine, romancière et éditrice, vous raconte le parcours d’une femme qui vit et travaille dans le Sud. Toujours de belles histoires de femmes.

 

« Quand j’ai commencé à travailler dans le journalisme, j’avais déjà écrit un livre : « La Symphonie animale », un ouvrage sur les locutions animalières comme « la mouche du coche » ou « la politique de l’autruche »… Il en existe beaucoup dans la langue française et j’adore ça. Un jour en cherchant un livre là-dessus, je me suis aperçue que ça n’existait pas, alors je l’ai écrit moi-même » explique-t-elle. Le livre est publié chez Larousse, et l’auteur a même été invitée à le présenter chez Bernard Pivot dans Bouillon de culture ! C’est après son divorce que Patricia décide de travailler. Elle entre d’abord chez Marie Claire Féminin à Marseille, puis bascule un temps chez Cote Magazine pour revenir finalement chez Marie Claire. En même temps, elle travaille pour le Figaro Méditerranée ainsi qu’à la radio, sur Radio Service, où elle interviewe des hommes et des femmes de tête de la région (des artistes, des politiques, des scientifiques…) dans une émission intitulée « Indiscrétions » qui connaît un beau succès auprès des auditeurs grâce au questionnaire indiscret de son animatrice…

C’est à cette époque que les éditions Rando commandent à l’écrivain « Le piéton de Marseille », un livre inscrit dans une collection déclinée sur de nombreuses villes. « Il fallait proposer des circuits, et à travers ces différentes balades, on devait faire découvrir un marché, un musée, proposer un déjeuner dans un restaurant… » se souvient-elle. Patricia s’engage alors en politique auprès de Renaud Muselier. Á l’époque elle crée et dirige le journal « Convictions » avant de devenir chargée de communication pour les élus. Mais elle continue à travailler l’écriture : « La Symphonie animale » a été rééditée en changeant juste le titre et la couverture pour devenir « Quand on parle du loup… », tandis qu’elle écrit un nouveau livre : « Le Dictionnaire des gros mots ». En France le livre est refusé par les éditeurs, mais il est accepté en Suisse par les éditions Favre et s’est vendu à 15 000 exemplaires ! Ensuite Patricia est embauchée à l’Opéra de Marseille pour s’occuper de la communication. Elle n’y restera pas longtemps « mais cela a été un tremplin pour la maison d’édition » dit-elle.

« Avec mon mari Hubert Monnier, biologiste médical à Aix qui venait de vendre son laboratoire, nous avions envie de faire quelque chose ensemble, d’avoir un projet commun. Je voulais rencontrer des gens, partager des choses, des émotions. On a pensé un moment acheter une belle et grande maison pour réunir des artistes, des écrivains, des philosophes, des danseurs, des musiciens, et créer un lieu de vie et de rencontre autour des arts mais cela était vraiment trop utopique. Puis on a eu l’idée d’une maison d’édition et on l’a faite chez nous ! ».

Patricia lâche alors l’Opéra pour s’investir totalement dans son nouveau métier. Très vite le couple comprend que pour des raisons de distribution, mieux vaut lancer une collection plutôt qu’un seul livre, et c’est comme ça qu’est née la collection des « Petits soupers ». « Cette maison, c’est un peu une affaire de famille, tout le monde autour de nous s’est immédiatement prêté au jeu de la collection, ma fille Marie Vigerie qui est modèle sur les photos, le peintre Richard Campana qui nous fait chaque fois un dessin sur la première de couverture, les photographes Romain Foucque puis Anne Barroil, l’auteur Philippe Larue… » confie l’éditrice. Dans le premier numéro « Petits soupers entre amis », l’éditrice a demandé à 42 personnes une recette de soupe qui leur est chère avec le secret de son histoire.

Vient de sortir « Petits soupers… sous le soleil », des recettes de pique-niques autour d’histoires de vie, à croquer… Á suivre : « Petits soupers à bord », « Petits soupers en amoureux », « Petits soupers chez les voisins »… Á chaque fois c’est le même principe qui s’applique : il ne s’agit pas de donner des recettes mais de raconter des histoires de recettes, et ça change tout ! Des livres de cuisine atypiques, très esthétiques mais totalement décalés, ni de la vraie littérature, pas vraiment du livre de cuisine, c’est « de la nourriture inspirée » comme Patricia le dit si bien. Des livres savoureux, à déguster avec les yeux. Délicieux.

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